Pour une fois, je ne suis pas partie à potron-minet ! J’ai profité du petit-déjeuner du couvent avant de rejoindre Niederbronn.
Je choisis de parcourir 4,5 km et 200 m de D+ à l’ombre de la forêt plutôt qu’une demi-heure sur le bitume en plein cagnard. La forêt nous protège ; on ne la remercie pas assez.
Ces jours-ci, elle suffoque elle aussi. Dans sa lutte pour sa survie, elle libère ses huiles essentielles. L’air en est saturé. Une odeur enivrante, au sens littéral du terme. Les oiseaux se sont tus. Je vois des souris, des écureuils beaucoup moins farouches que d’habitude, en quête d’eau.
J’ai ensuite flâné un moment dans Niederbronn-les-Bains, une petite ville pleine de charme, avant de faire les courses avec l’idée de ne plus avoir à ressortir. Prévoir, choisir, estimer les quantités… un exercice toujours aussi pénible pour moi.
Mes hôtes acceptent de m’accueillir dès midi. Heureuse de quitter la fournaise ! Une belle chambre, presque fraîche, un grand lit blanc, une douche… Plus qu’à manger, dormir et attendre demain.
L’après-midi se poursuit sur le téléphone. J’ai mille choses à y faire : trouver et réserver les prochains hébergements, imaginer des Hexa-buissonnières pour contourner la canicule, repenser les étapes pour les adapter aux températures.
Je vois bien venir la fin, mais elle s’étire encore et encore, élastique comme la résine d’un sapin des Vosges.
Le soir est tombé sans faire tomber la température. À deux heures du matin, le thermomètre affiche encore 26 °C. Et rien ne dit que cette canicule prendra fin avant mon retour.