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Partager avec des mots

Il est facile de décider d’écrire un texte par jour, mais le faire est une autre paire de manches.

Il me semble que j’arrivais mieux à tenir cette routine, accroupie au fond de ma tente, agrippée au petit clavier de mon téléphone, que chez moi, derrière mon ordinateur.

Les galères nomades sont-elles plus fécondes que le confort sédentaire ?

On pourrait penser que la réponse coule de source : suer et trébucher donne du grain à moudre alors que raconter que les trains sont à l’heure est sans intérêt. Je ne suis pourtant pas certaine de vouloir lier la souffrance à la créativité comme on le lit souvent.

Pour moi, la réponse est ailleurs. Quelque part, cachée dans la construction des journées, dans l’architecture du temps.

Le soir, que la tente soit montée ou que le sac de couchage soit étendu dans un dortoir, les préoccupations restent les mêmes : manger, ranger, se laver, boire un thé et préparer demain.

Il ne reste rien pour le superflu si ce n’est, ce cadeau que l’on se fait à soi-même : partager avec des mots.

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