La canicule a encore franchi un cap. Je suis partie à 4 h 40, alors qu’il faisait déjà 22 °C.
La marche est restée agréable à peine une heure. Vers 5 h 30, les montées devenaient déjà difficiles. Heureusement, au lever du soleil, l’inversion thermique a fait naître un léger souffle et m’a rendu le mien ! Au moins pendant la montée.
Les forêts se succèdent et ne se ressemblent pas
Cette nouvelle version de mon Hexa-buissonnière m’a permis de rester au plus près de l’itinéraire tout en limitant le dénivelé. Je n’ai pas pour autant pris le chemin le plus court. J’aurais trouvé dommage de passer à côté de ces Vosges du Nord très différentes des Hautes Vosges et même des Vosges centrales. Les différentes forêts se succèdent et ne se ressemblent pas.
J’ai ainsi remonté la vallée du Wolfenthal, marquée par une longue histoire de captage des sources. Des ouvrages de grès parfois très anciens, sont toujours en service. Cette vallée m’a menée au col du même nom.
Boucle de gauche Hexatrek et Hexabuissonnière à droite. Arrivée au petit drapeau
De l’autre côté du col, j’ai croisé des casemates, vestiges de la ligne Maginot. Sur le moment je n’ai pas capté que je traversais une zone fortifiée. La Ligne Maginot! Je me rappelle avoir appris ça à l’école. Avec Tadée Osowski ! Osowski mon professeur d’histoire et de musique. Je l’ai eu deux années de suite pour le même programme, car j’avais redoublé. La première année, il racontait : « Quand nous avons franchi la ligne Maginot, blablabla » et l’année suivante, il disait cette fois : « Quand les Allemands ont franchi la ligne Maginot… » Je n’ai pas pu m’empêcher de réagir « Ah ! Cette année, vous êtes français ? L’année passée, vous étiez allemand ! » A ma grande surprise toute la classe avait éclaté de rire.
Avec le recul, je regarde ce souvenir autrement et j’aurais beaucoup, mais alors beaucoup, à en dire. À l’époque, je ne comprenais ni ce que pouvait être le destin de ce professeur malingre et mal dans sa peau, ni le mien. Même son nom, Tadée Osowski, était pour nous un prétexte à la moquerie.
6h00 du mat …
À 8 h 30, j’arrivais à l’Hôtel du Windstein. Un bâtiment ancien faisant face à un autre vieux bâtiment, comme deux jumeaux oubliés au fond d’une combe, piégé dans la tièdeur. Sur la devanture j’ai croisé une femme de 71 ans qui se rendait Genève par le GR5! J’espère avoir de ses nouvelles.
Coup de chance : la personne qui préparait le petit-déjeuner m’a annoncé que ma chambre était déjà libre, personne ne l’ayant occupée la veille. J’ai donc pu m’y installer dès 9 heures, dormir un peu et profiter des dernières heures où la température restait simplement… supportable.
Vers 14 heures, en revanche, la chaleur est devenue écrasante. Le soleil frappe la façade de l’hôtel et tout le bâtiment emmagasine la chaleur.
Ma stratégie de survie : allongée sur le lit, recouverte d’une serviette passée sous l’eau froide. Une seconde serviette humidifiée est suspendue derrière les volets, dans l’espoir de gagner quelques précieux degrés.
J’en ai profité pour organiser mon prochain hébergement. Demain, je rejoindrai Obersteinbach, où un petit Airbnb m’attend à une dizaine de kilomètres seulement. Mardi passé je comptais attendre dans un hôtel la fin de cette canicule. Avancer de 10km par jour est donc plus que prévu !
Une vadrouille, finalement !
Cette succession d’hôtels, même modestes, fait évidemment exploser mon budget. Tant pis. Je raccourcirai simplement l’Hexatrek 2026. Il est probable que je n’entame pas les Alpes cette année. Je n’en sais rien… À chaque minute suffit sa peine, chaque chose en son temps. Vivons ici et maintenant.
À suivre…
Après un petit passage à vide en début d’après-midi, le moral est revenu. Il ne reste plus qu’à bien manger, bien dormir… et repartir avant le soleil demain matin.