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Le mélèze

Le mélèze est un arbre de montagne essentiel. Il protège contre les avalanches, les chutes de pierres et l’érosion, tout en fixant le sol grâce à ses puissantes racines. Son feuillage léger laisse passer la lumière, ce qui favorise les prairies et le pâturage. C’est un arbre symbole de la montagne, au feuillage doré à l’automne et caduc en hiver.

Dans de nombreuses cultures, le mélèze est considéré comme un arbre sacré. Il relie le ciel, la terre et le monde des morts. C’est un symbole du voyage intérieur, de la lucidité et de la connaissance de soi.

Espèce pionnière, il s’installe sur les terrains nus après les glissements de terrain ou les avalanches. Il prépare le sol à d’autres végétations, puis disparaît quand l’ombre devient trop forte. Il résiste au froid, au vent et à la neige, jouant un rôle majeur dans la stabilisation des pentes.

Le mélèze offre des couleurs changeantes selon les saisons : vert tendre au printemps, doré à l’automne, brun après la chute des aiguilles. Son bois, rouge saumon et dense, est très durable et résiste à l’humidité. Son écorce épaisse protège contre le froid. Parfois attaqué par le papillon du mélèze, il se régénère naturellement.

Dans les régions alpines, il fait partie d’un système agroforestier où il protège le bétail et favorise la croissance de l’herbe. Il contribue aussi à la beauté des paysages de montagne.

 

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Les trois frères

Dans la fratrie de mon père, ils étaient trois. Trois grandes gueules, politisées, de droite à gauche, et vice et versa dans l’ordre et dans le désordre comme le tiercé, en fonction de leur âge, de l’évolution du contexte géopolitique et des expériences de vie du trio. Par exemple, alors que le premier payait ses galons dans l’armée suisse, le second jetait des pavés à Paris et le troisième refusait de couper les cheveux qui dépassaient du képi parce qu’il était chanteur dans une communauté hippie.

S’en suivirent des Noëls enflammés où chaque année chacun des trois défendait son point de vue avec véhémence et acharnement.

Au fil des ans, sans jamais mettre d’eau dans leur vin, parce qu’ils aiment trop le vin, leurs avis se sont croisés sans jamais se rencontrer : le gradé s’est mué en défenseur des causes sociales et a été élu dans sa commune pour le parti socialiste, le Révolutionnaire est devenu chef d’entreprise et le cadet a fini par couper ses cheveux et faire dans l’immobilier.

C’est le joueur de guitare qui est parti en premier, puis mon père.

Le dernier des trois, c’est Gérard. Je suis allée le voir souvent ces derniers temps. On a parlé des Noëls chahutés, des caractères butés des Deppierraz, il m’a dit que je ressemblais à sa grand-maman Lina. Que je n’ai pas connu. J’ai jamais su quelle brouille était à l’origine de la mise à l’écart de Lina. Décédée en 1968 seulement, j’aurai du la rencontrer, je suis née en 1963. Il paraît que toutes les générations de Deppierraz qui se sont succédées se sont disputées, c’est fou ça. Elles se sont disputées sans jamais se faire de crasse, elles se sont séparées sans se déchirer, elles se sont éloignées sans jamais cesser de s’aimer. Il a dit que nous étions des gens qui ne savaient pas composer avec la vie. Mais que nous aimions la vie. Puis il a cessé de parler, il était fatigué. Vendredi je me suis serrée contre lui, sur ce lit d’hôpital à Cully. Des trois frères c’est celui qui me comprenait le mieux.

Si je vous parle de ces trois frères aujourd’hui c’est que hier, samedi, Gérard est parti rejoindre ses frangins.