… faut pas aller dans le sens de la marche?
Auteur/autrice : Madelon
Ne pas aller…
Petite brume…
Alors allons c’est l’heure
Exactement…
… oui c’est ça! Exactement ça. Revenir au lieu exact où l’on s’est arrêté pour faire de la pause une simple parenthèse et reprendre comme si de rien n’était.
Retour à Mauborget
Samedi matin, je laissais mon chemin à Mauborget au-dessus d’Yverdon pour me soumettre à quelques impératifs familiaux et professionnels. Ces impératifs sont maintenant passés.
Lundi dernier je suis partie à Neuenegg vers Berne et j’ai rejoins Martine. Elle allait m’insuffler son aplomb à planter sa tente pour s’affranchir des auberges et autres hôtels campings ou chambre d’hôtes.
Nous avons passé deux nuits d’une sauvagerie exemplaire. Puis nos chemins se sont séparés. Je suis partie faire ma campeuse dans les bois et voire par moi-même de quel bois je me chauffais bien que sans briquet. Test OK. La semaine aura été une parfaite réussite. Je sais camper sans camping, dormir sans douche et me lever sans café. Comme d’hab quoi!
Demain commence un autre test. Il est plus subtile et pas facile à définir. Il me permettra de paramétrer mon projet global. En clair je vais découvrir si ce que j’ai imaginé peut fonctionner. Marcher, marcher, marcher…. marcher… marcher encore…
Je ne vous en dirai pas plus pour aujourd’hui. Non que je veuille faire du teasing, mais simplement parce que tout est bien trop flou pour mettre des mots même si dans ma tête les choses sont assez précises.
Je vous invite tout simplement à me suivre pendant ces trois journées test de mon nouveau sweetweg en venant zieuter de temps en temps le photo-blog.
Toilette du matin
Lumière chaude…
Bientôt fini…
Le nuit s’annonce un peu plus fraîche. Toutefois cela reste très doux pour la saison à 1200m d’altitude dans le Jura.
Ce matin j’ai plié mon palace à la lampe frontale afin de m’extraire de la forêt pour voir l’astre se lever sur le lac. C’était de toute beauté.
Après un petit déjeuner aux premières loges du bonheur j’ai trouvé de l’eau et des arrosoirs pour me savonner.
Et j’ai commencé l’ascension du Mont Aubert.
Comme hier lors de ma journée modèle à Estavayer j’ai pu trouver de quoi recharger mes batteries et me sustenter avec un menu du jour excellent. J’ai eu la chance aussi de pouvoir parler avec deux dames plus âgées que moi qui m’ont raconté quelques trajectoires de leur dure vie.
C’est vers 15h00 que j’ai remis le sac sur mon dos dans l’idée d’aller dormir sur les pentes du Chasseron. Mais cette fois l’envie etait plus forte que mes jambes. Et j’ai capitulé juste avant Mauborget.
Le pas hésitant, la tendinite de ce printemps, sans se réveiller tout à fait s’est rappelée à mon bon souvenir par quelques pincements. Comme c’est le dernier soir il serait dommage de le gâcher par une nuit douloureuse ou par un nouveau stop à mes rêves.
Ce périple initiatique s’achève donc dans une joie intense et une foi en l’avenir renouvelée.
Ce soir, j’ai vu des chevreuils, les cloches de vaches bercent ma soirée et vont faire tinter ma nuit. De ma cabane je verrai le jour se lever puis je me recoucherai avant d’endosser ma maison pliante et de retourner à Bex.
Cette semaine fut riche du courage de Martine qui m’a aidé à passer ce nouveau « pas de porte » . Elle fut riche aussi de beauté, de sueur et de dépassement de mes peurs.
Je vais à l’avenir pouvoir inventer des projets et des parcours nouveaux trouvant dans le bivouac mon salut.
Salut.
Vendredi 9 septembre 2016.
PS. Bon anniversaire papa. Merci de m’avoir appris à monter une tente. 💙💙💙💙







