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Géologie des Vosges

Je n’avais aucune idée de ce qu’étaient les Vosges mais j’imaginais un morceau de Jura qu’on traine derrière soi !

La honte.

En fait les Vosges sont les vestiges d’une très ancienne chaîne de montagnes appelée chaîne dite varisque ou hersynienne.

Elle s’est formée il y a environ 350 millions d’années, donc bien avant les Alpes et le Jura. À cette époque, les Vosges faisaient partie d’un immense massif qui comprenait aussi la Bretagne, le Massif central, les Ardennes et la Forêt-Noire.

Poudingue

Au fil du temps, cette chaîne a été presque entièrement usée par l’érosion. Puis, lors de la formation des Alpes il y a environ 50 millions d’années, les mouvements de la croûte terrestre ont soulevé les Vosges et la Forêt-Noire de part et d’autre du fossé rhénan. Les Alpes et le Jura sont donc beaucoup plus jeunes que les Vosges.

Je savais que la Bretagne était un énorme massif erodé mais pas je ne savais pas qu’ entre la Bretagne et les Vosges il y avait un rapprochement à faire.

Des Ballons ronds

En traversant les Vosges du sud vers le nord, on rencontre des roches différentes. Autour de Thann et des Ballons dominent le granite et le gneiss, des roches très anciennes qui donnent naissance aux sommets arrondis caractéristiques des Hautes-Vosges.

Plus au nord, vers Ribeauvillé, apparaissent les poudingues, roches formées de galets cimentés entre eux. Un peu comme vers le Mont Pèlerin. Puis viennent les grès, qui forment de grands rochers, des falaises et des chaos rocheux comme ceux du Taennchel. Vu un peu hier et je pense que j’en verrai d’autres les jours qui viennent.

Cette diversité géologique explique pourquoi les paysages changent autant au cours de la traversée : les ballons aux formes douces du sud n’ont pas le même aspect que les impressionnants rochers des Vosges centrales et septentrionales.

Teannchel

En quelques jours de marche, j’ai ainsi traversé plusieurs centaines de millions d’années d’histoire géologique, depuis les vieux massifs granitiques des Ballons jusqu’aux rochers de grès qui annoncent les Vosges du Nord.

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Col de Fréland

Sur ce panorama on voit (presque) toute la crête parcourue cette semaine. De gauche à droite… de tout à gauche à tout à droite avec évidemment les vallons entre deux qu’on ne voit pas … 😇


Belvédère du col de Fréland

Col de Fréland, lieu-dit « Le Plane », altitude 830 m


Historique :
Ce monument fut érigé par les soldats allemands séjournant dans le secteur durant la Première Guerre mondiale. Sur ce site, leur état-major pouvait observer les champs de bataille des environs (marqués en rouge sur la table d’orientation).
Il fut baptisé HERZOG ALBRECHT BLICK en l’honneur du duc de Wurtemberg, généralfeldmarschall commandant le groupe d’armées de l’Est qui, depuis Strasbourg, vint à plusieurs reprises en ce lieu situé sur le territoire de la commune de Fréland.
L’histoire raconte que le duc ne vit jamais ce monument car sa construction fut achevée le 31 mai 1918, peu avant la fin du conflit.
Peu après, les habitants de Fréland « épurèrent » l’édifice en faisant disparaître en particulier les statues, symboles d’une puissance passée (voir photo de l’état initial).
Subsistent sur le fronton, en haut à gauche, le blason de la Maison de Bade représentant un lion et, à droite, celui des Wurtemberg représentant un cerf.
Restauré en 2014, le Belvédère offre, 100 ans après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, toujours le même point de vue panoramique vers le sud de la montagne des Vosges, jusqu’au Grand Ballon situé à 33 kilomètres (voir principales distances à vol d’oiseau portées entre parenthèses sur la table d’orientation).

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Voyager à pied

J’ai pris deux nuits à Thann. Je dois retrouver des chaussures et refaire mes provisions.

J’ai presque envie d’en prendre une troisième, mais je me sens coupable de ne pas avoir de bonne raison de le faire.

Hier, j’étais sur le point d’abandonner. Avec les cloques aux pieds, mon sac déglingué, mes habits mouillés et cette incapacité, une heure après mon arrivée, à trouver le gîte d’étape.

Je me suis affalée sur un banc public, j’ai sorti mon téléphone et tapé dans Google : « hôtel Thann ». C’est presque une capitulation, parce que des nuits à 100 euros au lieu de 20 raccourcissent considérablement la longueur du chemin.

J’en étais rendue au stade où la dépense qui sabote le projet n’avait plus d’importance quand une voix enjouée m’a interpellée.

C’était Michael, une des personnes avec qui j’avais sympathisé un peu plus que les autres à l’Hexateuf. Il était là, souriant, comme si nous nous étions quittés la veille. L’accolade était pleine de bonté et il m’a indiqué où trouver le gîte.

Je suis bien ici. Le refuge est tranquille, peu cher, et je passe du temps avec des gens qui pourraient être des amis et qui, contrairement à beaucoup d’autres, ne sont pas pressés d’avancer coûte que coûte.

Ça fait du bien.

Ces derniers jours, je me suis rendu compte que je me laissais influencer davantage que je ne le pensais par le contexte : l’Hexatrek, les discussions de groupe, les marcheurs croisés, les habitudes du milieu, cette fascination permanente pour les chiffres.

Nous sommes tous influencés par les groupes que nous fréquentons. Le conformisme n’est pas toujours un gros mot, mais il peut nous éloigner de nos propres aspirations.

Petit à petit, je me suis mise à regarder mon voyage à travers des préoccupations qui ne sont pas vraiment les miennes.

De quelle nature est cette envie qui me fait marcher ?

C’est une question à laquelle je vais devoir répondre.

Une tristesse m’a accompagnée ces derniers jours. Au début elle était discrète, mais maintenant elle prend toute la place : la forêt vosgienne se meurt.

Je traverse des paysages fabuleux, mais je vois aussi des sapinières entières qui souffrent, des arbres qui meurent, des versants qui changent. Cette forêt est à la fois luxuriante et à bout de souffle. Tout en offrant ses odeurs de mousse, de pin, de fraise et parfois même de vanille, elle me parle de ses plaies.

Peut-être parce que je marche lentement. Peut-être parce que j’ai le temps de regarder. Peut-être aussi parce que je ne traverse pas seulement des kilomètres : je traverse des lieux.

Et c’est peut-être là que se trouve mon malaise avec l’Hexatrek.

J’aime cette aventure, mais quelque chose me semble parfois étroit. J’ai souvent l’impression d’être sur une grande autoroute de randonnée. Tout le monde suit la même ligne. Les marcheurs passent vite. Les villages voient défiler les sacs à dos. Les discussions tournent presque toujours autour du trek lui-même. On dit si peu de ce que l’on sent, entend ou découvre.

Pourtant, dès que je quitte un peu cette ligne, quelque chose change. Il m’est arrivé de m’égarer, de passer ailleurs. Ce n’est pas seulement l’usure de la sente qui varie. Dans les endroits où les marcheurs sont rares, les rencontres sont différentes. Les gens sont curieux. Les lieux reprennent de l’épaisseur.

Mon histoire n’est peut-être pas d’abord celle d’un itinéraire ou d’une destination, mais celle d’une itinérance.

Je ne fais pas un trek. Je voyage. Certes à pied, mais je voyage.

C’est peut-être cela que j’essaie de toucher du doigt depuis le départ et qui m’échappe sans cesse.

Cela vaut aussi pour l’argent.

Mes ressources ne sont pas là pour atteindre un but, mais pour nourrir le voyage à pied le plus longtemps possible. Confort inclu.

Revenir à ce qui m’a toujours poussée à partir : vivre.