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Mon sac

Je me suis donc réfugiée dans la fraîcheur du temple et, pour passer le temps tout en essayant de faire fonctionner ce qu’il reste de mes neurones après plusieurs jours de canicule, je me suis lancée dans un exercice un peu particulier : faire de mémoire l’inventaire complet de mon sac.

Après plusieurs semaines de marche, on pourrait croire que je transporte une quantité impressionnante de matériel. En réalité, tout ce qui se trouve dans mon sac répond à une fonction précise.

Il y a de quoi dormir : une tente, un matelas, un sac de couchage et un sac à viande.

Il y a de quoi cuisiner : un Jetboil, du gaz, une cuillère, un briquet, un Opinel et quelques sachets de thé.

Il y a de quoi transporter l’eau : une gourde d’un litre, une flasque filtrante d’un litre et une réserve souple de deux litres pour les bivouacs.

Côté vêtements, je n’ai rien de trop. Imaginons qu’il fasse froid (!) et que je porte toute ma tenue : presque tout y est déjà. À cette tenue complète s’ajoutent simplement un pantalon pour le soir et la nuit, un deuxième t-shirt, une paire de chaussettes, deux culottes et un maillot de bain. Gants, bonnet, bandeau. C’est tout.

La tenue complète, c’est : chaussettes, pantalon court, culotte, brassière, t-shirt à manches courtes, t-shirt à manches longues, doudoune et coupe-vent/veste de pluie. Ah oui, j’oubliais : pour la pluie, j’ai aussi un pantalon Gore-Tex assorti à la veste.

Ma dernière lessive en machine remonte à Belfort, il y a maintenant environ quatre semaines. Je crois. 

Je marche avec deux t-shirts : un sur moi et un qui sèche sur le sac. Je les alterne à chaque arrêt. Je les rince à l’eau quand j’en ai, et au savon le soir en refuge ou en camping si je suis sûre que tout sera sec avant 5 h du matin.

J’emporte aussi une petite pharmacie pour les bobos du marcheur, un kit tire-tique, de la Bétadine ainsi qu’une trousse de réparation pour le matériel. Sans oublier le téléphone, trois câbles et deux petites batteries externes.

Je trimballe également mes WC (sachets poubelles, mouchoirs, lingettes, gel hydroalcoolique) et ma salle de bain (dentifrice, brosse à dents, crème hydratante, huiles essentielles de lavande et de gaulthérie, mini linge de toilette et savon solide).

Dans les pochettes latérales on trouve encore la crème solaire, mon bandana, un filet pour la cueillette et mon ventolin.

Qu’est-ce que j’oublie dans cette liste ? Mes bâtons comme d’hab !

Et puis il y a ce que j’appelle mon sac à plaisir. Dedans se trouvent mon carnet de dessin, mes mini-crayons de couleur, un stylo, mon porte-monnaie et mes papiers. Si je suis honnête, c’est probablement la seule catégorie de matériel qui ne sert ni à marcher, ni à manger, ni à dormir. Mais c’est aussi celle dont j’aurais le plus de peine à me séparer.

En faisant cet inventaire, je réalise que mon confort tient finalement dans très peu de choses. Après plusieurs semaines sur les chemins, les objets compliqués ont disparu. Ne restent que ceux qui sont réellement utiles, et quelques-uns qui nourrissent autre chose que le corps.

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