Hier, j’avais prévu de monter jusqu’à 1200 mètres, au pied de la Dôle paeceque sur l’Hexacarte était signalé une place de bivouac avec une fontaine.
Mais arrivée à 900m j’en avais plein le dos et plein les baguettes alors j’ai cherché un bout de plat dans cette forêt abrupte et j’ai planté ma tente avant l’averse.
Il ne me restait que 75 cl d’eau pour le souper, la toilette et la nuit.
Dans ces moments-là, l’eau change complètement de valeur. Elle n’est plus un geste automatique du quotidien. Elle devient quelque chose qu’on calcule, qu’on répartit et qu’on protège.
Je l’ai chauffée pour réhidrater mon riz dans une petite casserole avec quelques herbes sauvages et un peu de bouillon. Puis j’ai bu le liquide qui n’avait pas été absorbé par le riz. Rien ne s’est perdu cette eau-là faisait à la fois le repas, la chaleur et l’hydratation. Il restait encore un peu d’eau dans la gourde. De quoi infuser un peu d’asperule avec un sachet de verveine et j’ai gardé au fond de la gourde une minuscule réserve pour le lendemain matin. Une petite goutte de sécurité.
Ce matin, je me suis remerciée de cette goutte qui a décollé le fond de ma gorge et j’ai entamé les 300m de d+ qui m’ont apporté la vie, l’eau c’est la vie.
Je savoure maintenant le plaisir de remplir les gourdes, de boire longuement, de laver un peu de linge au soleil.