Hexatrek en nobo
Hexa-buissonière: Obersteinbach – Lempach
13,8km 193D+/ 245D-

Je me suis réveillée avant cinq heures du matin, pleine d’énergie. J’ai pu me préparer un vrai petit-déjeuner. À 5 h 30, le cœur léger, j’ai quitté ce petit paradis sans oublier de jeter un dernier coup d’œil à la météo. Il faisait déjà 24 degrés.
J’ai pris conscience qu’il ferait encore très chaud aujourd’hui, que j’entamais l’avant-dernier jour et que de violents orages étaient annoncés pour demain. J’ai compris qu’il était probable que je ne puisse pas parcourir la dernière étape jusqu’à Wissembourg. J’ai aussi constaté que mardi, le beau temps serait revenu, avec davantage de fraîcheur… mais que tout serait terminé.





J’ai rangé mon appareil, saisi mes bâtons et me suis élancée gaillardement entre merles et pouillots.
Dix minutes plus tard, je pleurais à chaudes larmes.
Comment est-il possible de perdre le moral en si peu de temps ? J’étais dans un état déplorable.
J’ai traversé un village, puis un deuxième, pris quelques photos, je suis entrée sous une canopée si basse que je devais pencher la tête.
Pour échapper à ce chagrin qui m’envahissait, j’ai d’abord cru qu’il fallait résoudre la suite. Que vais-je faire quand ce sera terminé ? Où vais-je aller ? Par quoi vais-je enchaîner ? Il me reste encore quinze jours devant moi. J’ai pioché dans tout ce que j’avais imaginé pendant ces huit semaines. Continuer en Forêt-Noire, repartir de Nyon pour attaquer les Alpes, faire quelques jours en van… Les idées se succédaient.
Mais rien n’y faisait. Le pas devenait lourd. Le chagrin était omniprésent.





C’est là que j’ai compris que je cherchais au mauvais endroit. Je voulais résoudre l’après pour ne plus ressentir le présent.
Je n’avais pas besoin de décider aujourd’hui ce que je ferais après-demain. J’avais seulement besoin d’accepter mes larmes et de les traverser, de vivre ici et maintenant et non de perdre cette dernière journée projetée dans un avenir flou et informe.
C’est d’ailleurs à ce moment précis que j’ai réalisé que je grimpais dans la mauvaise direction depuis plus d’un kilomètre !
Je suis revenue sur mes pas, repris mon trait de carte et je me suis baignée, ici et maintenant, dans le paysage. Sublime ! Le reste attendra.
Je me suis laissée absorber par ce qui m’entourait : les arbres magnifiques, les fermes isolées, les bocages, les étangs chauds, puants et pleins de moustiques, remués par des sangliers en quête de fraîcheur. Des lieux enchanteurs dont je n’aurais jamais imaginé ni l’existence ni la configuration.
Il suffisait d’être là et d’accepter de les traverser.







Je suis arrivée à Lembach avant 10 heures. Mon petit studio à 45 euros était déjà prêt. J’ai fait quelques courses, puis je me suis mise sous un ventilo.

L’Alsace est tellement belle qu’il faut maintenant la redécouvrir avec ton van, et en particulier, tous les villages, le long du piémont, la ville de Colmar, la ville de Strasbourg
À bientôt dans nos belles Alpes, suisses courage