Alors aujourd’hui

Cahier de bord, dessins, pensées
Aujourd’hui, le chemin traversait un paysage de vies anciennes.
Dans un petit chalet caché dans la forêt j’ai vécu des instants forts et mémorables, des nouvels ans et des étés inoubliables. Non loin de là, j’ai aimé un berger et partagé son alpage. Et ses amis aussi. On travaillait dur et on riait beaucoup, on vivait au grand air. J’ai souvenir qu’un jour, nous jouions à la pétanque et une renarde nous a volé le cochonnet!
Derrière le petit chalet, dans les tréfonds de la forêt, j’avais déposé, avant de partir définitivement, aux creux des rochers moussus de petites statuettes en terre cuite que j’avais modelées. Des personnages figés dans lesquels j’avais enfermé toute ma souffrance. Je les avais cachés afin de confier aux bons soins des lutins, quelque chose que je ne voulais plus porter.
Aujourd’hui, j’ai pensé leur rendre visite. Les chercher. Les déterrer, peut-être. Retrouver peut-être le sens de cette vieille souffrance.
Puis finalement, j’ai laissé filer mon pas et étonamment, je n’ai éprouvé aucune nostalgie. Juste contente de passer à côté de mon passé sans rien regretter.




Hier, j’avais prévu de monter jusqu’à 1200 mètres, au pied de la Dôle paeceque sur l’Hexacarte était signalé une place de bivouac avec une fontaine.
Mais arrivée à 900m j’en avais plein le dos et plein les baguettes alors j’ai cherché un bout de plat dans cette forêt abrupte et j’ai planté ma tente avant l’averse.
Il ne me restait que 75 cl d’eau pour le souper, la toilette et la nuit.
Dans ces moments-là, l’eau change complètement de valeur. Elle n’est plus un geste automatique du quotidien. Elle devient quelque chose qu’on calcule, qu’on répartit et qu’on protège.
Je l’ai chauffée pour réhidrater mon riz dans une petite casserole avec quelques herbes sauvages et un peu de bouillon. Puis j’ai bu le liquide qui n’avait pas été absorbé par le riz. Rien ne s’est perdu cette eau-là faisait à la fois le repas, la chaleur et l’hydratation. Il restait encore un peu d’eau dans la gourde. De quoi infuser un peu d’asperule avec un sachet de verveine et j’ai gardé au fond de la gourde une minuscule réserve pour le lendemain matin. Une petite goutte de sécurité.
Ce matin, je me suis remerciée de cette goutte qui a décollé le fond de ma gorge et j’ai entamé les 300m de d+ qui m’ont apporté la vie, l’eau c’est la vie.
Je savoure maintenant le plaisir de remplir les gourdes, de boire longuement, de laver un peu de linge au soleil.

Hexatrek 2026
Je pars jeudi. Mais de où ? Moi qui avais tout réservé pour faire l’Hexatrek 2026, je suis contrainte de programmer Hendaye –> Wissembourg pour 2027.
Déçue! Mais je vais quand même m’y mettre :
Je dors mercredi soir à Yvoire.
20 minutes de bateau et je serai à Nyon sur l’Hexatrek Grand Est direction Wissembourg!

✌️
Le temps d’apprendre à naviguer avec l’application je pourrais me rassurer jusqu’à Vallorbe avec mon Suissemobile.
Ensuite je filerai par Pontarlier ou si trop paumée je crêterai sur Suisse en terre connue jusqu’à La Tchô (La Chaux-de-Fonds des intimes).
Après ça gageons que je serai au point (ou pas) et j’irai voir si c’est sympa de traîner mes 11kg de sac jusqu’à la frontière allemande.
J’ai jusqu’au 20 juillet… si j’ai le temps je reviendrai à Yvoire entamer les Alpes en mode dessert et reprise en octobre.
Jusqu’où pourrais-je me la faire à l’envers en direction de ma mer ?