Et tu verras …

Troisième jour de la troisième semaine
23 mai 2026
Le Refrain – Goumois
13,7km – 296 D+ – 363D-
J’ai quitté mon abri de la Chapelle à 6h00 bruissante. L’air était encore bien frais et mes jambes avaient envie d’en découdre. Le sac s’est bien allégé. J’ai fait du transfert de charge comme on dit. Et donc bien mangé.

Quand je dis bien mangé, c’est relatif hein parce que …je voulais dire plutôt beaucoup : coucous au beurre, coucous au fromage, couscous sardines…
On s’y fait entre trois cacahuètes et une barre de céréale.
Ah mais ce soir ! j’ai de la visite et cette visite est venue avec des patates, des tomates, des aubergines et de quoi faire de bonnes grillades ! C’est beau la vie.



Vers 10h00 j’ai passé la frontiere sur le seul pont qui permet de traverser de Doubs, c’était à La Goule. Il y a une auberge vraiment accueillante. On m’y a servi un bon chocolat chaud, un sandwich et on m’a même aidé à retirer une tique insaisissable sous mon bras gauche !
Saleté de bestioles !
Ma visite m’apporte des victuailles mais aussi du spray anti-tique !!! Quel délice. Je n’en peux plus de ces bébêtes que je retire par dizaine chaque soir. J’en fait presque une fixette.

Demain on quitte le Doubs pour le retouver après demain Soulce juste avant St-Hyppolite. On coupe la boucle de St-Ursane. Ça va grimper.
Faudra partir tôt pour avancer un max avant la grosse chaleur.
Deux bivouacs de prévus avant d’arriver, je l’espère en fin de semaine 3 (soit mercredi) à Montbéliard.
La traversée de ces gorges sur trois jours était féérique. Des images fabuleuses et merveilleuses à chaque instant. Mais j’avoue que ça ne me dirait pas d’en faire un quatrième, j’ai besoi d’air, le vide, de vue, de large.

Six heures du mat je monte le son…

Deuxième jour de la 3ème semaine
22 mai 2026 Hexatrek en NOBO
Abri du Torrêt – Abri de la Chapelle
Gorges du Doubs
14,7 km / 183 D+ et 286 D-
Départ avant 8h ce matin. C’était la pleine forme.
Dès le réveil, le sentier m’a immédiatement mené dans un autre monde. Un longue sente cabossée, un tunnel vert, arbres aux bras de mousse, encaissée parfois entre de grandes falaises. Des airs de Colorado bien plus fous que la Venoge. Très peu de fleurs, du vert encore, de la roche, des racines et l’humidité ancienne du sous-bois.
D’abord féérique mais ensuite presque opressant. A de rares moments le paysage s’est ouvert, ça n’a jamais duré.
J’ai croisé beaucoup de marcheurs et marcheuses au long court. Deux avaient dormi à l’abri des Pêcheurs à une heure de mon « chez moi » du jour, un autre venait de Goumois et se rendait à Morteau (!) Aussi 3 jeunes de banlieue parisienne plutôt émus, qui étaient venus « voir la nature ». Ils étaient touchants. Et prévenants.
J’ai déroulé sans un accroc jusqu’à 11h environ, mon corps suivait bien malgré la charge et le terrain exigeant : de grandes marches naturelles, des pierres, des racines, un sentier irrégulier demandant une attention constante. Vers 11h, je me suis arrêtée près d’une petite source magnifique. Une eau claire, un endroit paisible où j’aurais volontiers passé la nuit ! Mais c’était beaucoup trop tôt pour m’arrêter et J’y suis tout de même restée plus d’une heure puis j’ai repris le sac allourdi des 2 litres d’eau prévus pour le bivouac de ce soir.





Malgré la chaleur et la digestion en cours avec un pas plus lent, j’ai avancé normalement jusque vers 13h00, puis quelque chose a changé. Le terrain était le même qu’au matin, mais je me suis mise à le subir. Chaque grande marche demandait un effort. Les chevilles moins souples chauffaient et fatiguaient, la plante des pieds brûlait peu à peu, il n’y avait plus aucune fluidité.

À partir de là, mon rythme s’est complétement desossé pour devenir carrément cahotique. J’ai continué à avancer, mais de plus en plus lentement, usée par cette succession infinie de pierres, de racines et de marches naturelles et de vert tellement vert.
Je me suis arrêtée à 16h. À ce moment-là, je n’avançais plus que très lentement et une oportunité pour la nuit s’est présentée.

Demain : Goumois !

Je n’avance pas vite.
Mais finalement, que j’arrive quelque part ou ailleurs, que ce soir je sois encore par ici ou déjà par là bas, que je sois en avance ou en retatd ne change strictement rien.
Le but c’est d’être ici.

Jeudi 21 mai, 3ème semaine
Il y a 41 ans aujourd’hui que je devenais maman pour la première fois.
Hexatrek en Nobo
Villers-le-lac –>au fil de l’eau
13,6 km / 409 D+ / 506 D- avec des hauts et des bas dn permanance. J’ai trouvé difficile.
Mais quel chemin mafnifique !

J’ai déjà fait ces gorges en suivant le chemin côté helvétique j’avais bequcoup aimé mais comment qualifier le côté français ?
C’est absolument magnifique, sauvage, escarpé, une nature brute avec des chemins exigents. Une féérie à journée faite.



Aujourd’hui j’ai eu du mal à démarrer. Sans doute trop mangé depuis hier et j’ai même pris une glace chocolat dans la zone touristique du Saut du Doubs !
Mais aussi j’ai du attendre que le restaurant qui m’avait reçu hier ouvre pour que je puisse récupérer mes bâtons oubliés. Je trouvais aussi mon sac trop lourd car j’ai profité de cette étape pour faire le plein chez Lidl.
Bref une reprise pénible.
Vers treize heures j’ai même vécu une attaque de paupières qui m’a obligé à m’assoir et à m’assoupir 20 minutes appuyée contre mon sac.
Au réveil j’étais enfin dans le rythme et ça s’est mis à bien dérouler jusqu’aux quatre heures puis j’en ai eu d’un seul coup assez et j’ai poussé cahin caha jusqu’à cette cabane d’où je vous écrit et où je passerai la nuit.

