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Mardi 16 juin : Barr – Schirmeck

Hexatrek en nobo

15.7km / 136D+ / 728D-

D’abord vous dire que je n’était pas seule hier soir. Voyez au bord du précipice qui me regarde. Ici loin de toutes habitation la surprise est de taille. On sympathise pendant que je préoare ma couche.

J’ai passé cette nuit sans tente de manière plutôt potable mais sans vraiment avoir le sentiment de récupérer quoi que ce soit. J’avais gardé une barre de céréale pour le petit dej maus je l’ai mangée vers 2h00 du mat pensant que le sommeil serait meilleur avec un estomac plein. Ce qui fût le cas. Je me suis rendormie profondément mais à l’heure actuelle je me demande encore pourquoi, vu que je dormais si bien au petit matin, je me suis forcée à me lever, me préparer et à m’en aller avant 6heures. Parce que pour les 15km de descente prévus, j’aurai aussi bien pu continuer à bien me reposer et partir à 9h00 pour viser l’ouverture de la prochaine auberge à dix heures et me mettre quelque chose dans l’estomac.

Avec une nuit compliquée et autant de km dans les pattes on peut parler d’une vèritable erreur stratégique. Tout se paie.

Ma devise est de vivre cette itinérance à l’équilibre pas de mettre mon corps à crédit. C’est raté.9

Tout en marchant je fais la liste de ce que je dois régler à Schirmeck avant de pouvoir continuer. Outre mon problème de tente qui pourra prendre un certain temps, je dois faire contrôler en pharmacie des morsures de tiques dans mon dos, trouver de quoi manger et de quoi dormir ce soir. J’essaie desespérément d’avoir des nouvelles du magasin de sport de Saverne. Entre le manque de réseau, leur répondeur et ma capacité limitée en batterie la tâche est ardue.

Mon chemin m’amène au Struthof. Vous avez déjà entendu parler du Struthof ? Moi pas. Je ne vais rien vous décrire parceque j’ai fini la traversée du Struthof en larme.

Un choc, au Struthof le chemin pédestre traverse un mémorial et les vestiges entretenus du seul camps de concentration nazi sur sol français. Barraque, Komandatur, four..

Sanglier

Mais le souvenir que je veux garder de cette journée, sera cette famille de sanglier qui a traversé devant moi. D’abord un gros dont je n’ai vu que la silhouette. Je me suis figée. Ensuite un plus petit et plus prudent regardant à gauche et à droite et qui s’arrête net en me voyant. Cet instant éternel où l’on se regarde et où nous savons tous les deux qui nous sommes ne dure pas et la bête poursuit son chemin. Je la guette plus haut dans le bois mais ne la vois pas passer, le feuillage frémit. Je décide par prudence de ne toujours pas bouger. La voilà à nouveau sur le sentier, elle me regarde puis disparait. Probablement sur un signal que je n’ai pas perçu, sept petits marcassins traversent pour la suivre.

Merci la vie!

Schirmeck

4 réflexions au sujet de « Mardi 16 juin : Barr – Schirmeck »

  1. Schirmeck La Broque
    Les villages de mon enfance où j’ai grandi chez mes grands-parents, qui avaient la pharmacie des Vosges
    Mon grand-père me racontait qu’en 1940, quand les Allemands ont débarqué dans la vallée de la bruche, ils sont entrés dans la pharmacie, ils lui ont demandé le lieu-dit dénommé Struthof , Schirmeck a eu son propre camp dit de redressement dont il ne reste rien ! Mon grand père , un matin de 1943 à été emmené par les allemands pour faits résistance et enfermé à la prison de Strasbourg
    Pendant les allemands des hauts gradés, ce sont installés au 1 er étagé au-dessus de la pharmacie et ont y fait qq fêtes mémorables en vidant la cave de ses bonnes bouteilles
    Ma grand mère réfugiée au 2 eme étage avec ses 4 enfants a continué a gérer la pharmacie jusqu a la libération
    Ils sont enterrés avec une partie de ma famille dans ce coin d Alsace si particulier cette vallée où on ne parlait pas alsacien ….

    1. C’est très touchant tout ça.
      Et intéressant.
      Toutes ces Vosges transpirent la souffrance de la guerre, des deux guerres.
      Je ne savais pas qu’ici on ne parlait pas Alsacien. En tous cas la pharmacie m’a bien reçu pour évaluer mes morsures de tiques. Et tout le monde a été accueillant.

  2. oh la la Pascale, entre la nuit sur un banc plus qu’étroit, les sangliers, le cimetière, quelle étape!Je te souhaite que les suivantes soient plus sympa et reposantes

    1. C’est ça le voyage ! Je me suis reposée. Aujourd’hui j’ai mangé, dormi, mangé encore. Je me sens en pleine forme pour attaquer la canicule !

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