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Samedi.08 Obersteinbach

Hexatrek en NoBo

8,2km / 429D+ / 395D-

24 degrés au meilleur du petit matin. Et ce sera pareil demain.  J’ai pu faire mes 400m de dénivelés à cette température car une fois le soleil levé, la haute canopée faisait encore très bien son travail d’ombrage et la temperature n’est pas montée avant 8h30. J’ai atteins mon but avant 9h00.

Un nouveau problème vient s’ajouter au tableau : tant qu’une pluie n’aura pas lavé le ciel la qualité de l’air continuera à se dégrader avec l’ozone dans le Bas-Rhin et maintenant je dois sortir le Ventolin plusieurs fois par jour et même la nuit. Vivement la fin de cet épisode caniculaire. Comme tout le monde j’attends ça avec impatience et je crois que cette fin va arriver en même temps que mon trek : lundi si tout va bien.

Si lundi la température baisse comme prévu et que les orages dangereux attendent midi, je devrais être devant la boîte aux lettres de l’Hexatrek lundi matin!

Pour le moment je suis arrivée au paradi ! D’abord le village t’accueille avec une fontaine fraîche et a l’ombre, ensuite tes hôtes të recoivent dès 9h00 dans une cabane semi troglodyte qui apporte du frais sans clim ! C’est plus qu’un rêve pour attendre la dernière fournaise de demain.

Ma vadrouille du jour, puisqu’il faut bien  appeler ce trek vadrouille, m’a apporté son lot de belles surprises. La lumière déjà mais aussi son lot de ruines de château et surtout un sommet de garrigue flanqué de pierres à cupules. J’ai juste frissonné d’y entendre de gros gros renifllements de cochon…

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Vendredi.08 Windstein

Hexatrek en nobo

10,5 km / 353 m D+ / 340 m D-

Une Hexa-buissonnière de plus

Windstein le bâtiment d’en face ce matin

La canicule a encore franchi un cap. Je suis partie à 4 h 40, alors qu’il faisait déjà 22 °C.

La marche est restée agréable à peine une heure. Vers 5 h 30, les montées devenaient déjà difficiles. Heureusement, au lever du soleil, l’inversion thermique a fait naître un léger souffle et m’a rendu le mien ! Au moins pendant la montée.

Cette nouvelle version de mon Hexa-buissonnière m’a permis de rester au plus près de l’itinéraire tout en limitant le dénivelé. Je n’ai pas pour autant pris le chemin le plus court. J’aurais trouvé dommage de passer à côté de ces Vosges du Nord très différentes des Hautes Vosges et même des Vosges centrales. Les différentes forêts se succèdent et ne se ressemblent pas.

J’ai ainsi remonté la vallée du Wolfenthal, marquée par une longue histoire de captage des sources. Des ouvrages de grès parfois très anciens, sont toujours en service. Cette vallée m’a menée au col du même nom.

Boucle de gauche Hexatrek et Hexabuissonnière à droite. Arrivée au petit drapeau

De l’autre côté du col, j’ai croisé des casemates, vestiges de la ligne Maginot. Sur le moment je n’ai pas capté que je traversais une zone fortifiée. La Ligne Maginot! Je me rappelle avoir appris ça à l’école. Avec  Tadée Osowski ! Osowski mon professeur d’histoire et de musique. Je l’ai eu deux années de suite pour le même programme, car j’avais redoublé. La première année, il racontait : « Quand nous avons franchi la ligne Maginot, blablabla » et  l’année suivante, il disait cette fois : « Quand les Allemands ont franchi la ligne Maginot… » Je n’ai pas pu m’empêcher de réagir  « Ah ! Cette année, vous êtes français ? L’année passée, vous étiez allemand ! »  A ma grande surprise toute la classe avait éclaté de rire.

Avec le recul, je regarde ce souvenir autrement et j’aurais beaucoup, mais alors beaucoup, à en dire. À l’époque, je ne comprenais ni ce que pouvait être le destin de ce professeur malingre et mal dans sa peau, ni le mien. Même son nom, Tadée Osowski, était pour nous un prétexte à la moquerie.

À 8 h 30, j’arrivais à l’Hôtel du Windstein. Un bâtiment ancien faisant face à un autre vieux bâtiment, comme deux jumeaux oubliés au fond d’une combe, piégé dans la tièdeur. Sur la devanture j’ai croisé une femme de 71 ans qui se rendait  Genève par le GR5!  J’espère avoir de ses nouvelles.

Coup de chance : la personne qui préparait le petit-déjeuner m’a annoncé que ma chambre était déjà libre, personne ne l’ayant occupée la veille. J’ai donc pu m’y installer dès 9 heures, dormir un peu et profiter des dernières heures où la température restait simplement… supportable.

Vers 14 heures, en revanche, la chaleur est devenue écrasante. Le soleil frappe la façade de l’hôtel et tout le bâtiment emmagasine la chaleur.

Ma stratégie de survie : allongée sur le lit, recouverte d’une serviette passée sous l’eau froide. Une seconde serviette humidifiée est suspendue derrière les volets, dans l’espoir de gagner quelques précieux degrés.

J’en ai profité pour organiser mon prochain hébergement. Demain, je rejoindrai Obersteinbach, où un petit Airbnb m’attend à une dizaine de kilomètres seulement. Mardi passé je comptais attendre dans un hôtel la fin de cette canicule. Avancer de 10km par jour est donc plus que prévu !

Une vadrouille, finalement !

Cette succession d’hôtels, même modestes, fait évidemment exploser mon budget. Tant pis. Je raccourcirai simplement l’Hexatrek 2026. Il est probable que je n’entame pas les Alpes cette année. Je n’en sais rien… À chaque minute suffit sa peine, chaque chose en son temps. Vivons ici et maintenant.

À suivre…

Après un petit passage à vide en début d’après-midi, le moral est revenu. Il ne reste plus qu’à bien manger, bien dormir… et repartir avant le soleil demain matin.

Source du matin
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Jeudi.08 Niederbronn

Hexatrek en nobo

Hexa-buissonière

4,5 km / 200 D+ et D-

25 juin demi-journée off.

Pour une fois, je ne suis pas partie à potron-minet ! J’ai profité du petit-déjeuner du couvent avant de rejoindre Niederbronn.

Je choisis de parcourir 4,5 km et 200 m de D+ à l’ombre de la forêt plutôt qu’une demi-heure sur le bitume en plein cagnard. La forêt nous protège ; on ne la remercie pas assez.

Ces jours-ci, elle suffoque elle aussi. Dans sa lutte pour sa survie, elle libère ses huiles essentielles. L’air en est saturé. Une odeur enivrante, au sens littéral du terme. Les oiseaux se sont tus. Je vois des souris, des écureuils beaucoup moins farouches que d’habitude, en quête d’eau.

J’ai ensuite flâné un moment dans Niederbronn-les-Bains, une petite ville pleine de charme, avant de faire les courses avec l’idée de ne plus avoir à ressortir. Prévoir, choisir, estimer les quantités… un exercice toujours aussi pénible pour moi.

Mes hôtes acceptent de m’accueillir dès midi. Heureuse de quitter la fournaise ! Une belle chambre, presque fraîche, un grand lit blanc, une douche… Plus qu’à manger, dormir et attendre demain.

L’après-midi se poursuit sur le téléphone. J’ai mille choses à y faire : trouver et réserver les prochains hébergements, imaginer des Hexa-buissonnières pour contourner la canicule, repenser les étapes pour les adapter aux températures.

Je vois bien venir la fin, mais elle s’étire encore et encore, élastique comme la résine d’un sapin des Vosges.

Le soir est tombé sans faire tomber la température. À deux heures du matin, le thermomètre affiche encore 26 °C. Et rien ne dit que cette canicule prendra fin avant mon retour.

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Hexabilan 07 – La semaine de huit jours

Du 17 au 24 juin 2026

J’aurais dû faire le bilan hier, mais j’ai préféré inventer la semaine de huit jours. La canicule est cognitivement peu fiable.

De Schirmeck à Oberbronn, pas un seul jour de pause. Huit jours à refaire mon sac chaque matin, à chercher où dormir chaque soir et à avancer malgré la chaleur.

La semaine en chiffres

  • Distance : 102,7 km
  • D+ : 2 732 m
  • D- : 2 573 m
  • 1 bivouac avec les lucioles
  • 5 refuges/gîtes : Le Luttenbach, Engenthal-le-Bas, Saverne, La Petite-Pierre et Lichtenberg
  • 2 chambres : Fréconrupt et Oberbronn

Depuis le départ

  • Distance : 648,2 km
  • D+ : 19 877 m
  • D- : 19 416 m

Les étapes

  • Schirmeck – Le Luttenbach : 17,5 km / 268 D+ / 246 D-
  • Le Luttenbach – Engenthal : 12,5 km / 569 D+ / 468 D-
  • Engenthal – Saverne : 17 km / 267 D+ / 300 D-
  • Saverne – Graufthal : 15 km / 324 D+ / 360 D-
  • Graufthal – La Petite-Pierre : 7 km / 305 D+ / 165 D-
  • La Petite-Pierre – Lichtenberg : 17,2 km / 326 D+ / 364 D-
  • Lichtenberg – Oberbronn : 16,5 km / 373 D+ / 446 D-

Ce que je retiens

Cette semaine n’a pas été celle des grands sommets mais celle de l’adaptation.

La chaleur et la tente cassée ont mené le bal. L’absence de tente m’a privée de la souplesse qui permet d’adapter la longueur des étapes mais a allégé mon sac de 4kg.

J’ai donc inventé l’Hexa-buissonnière : une variante personnelle de l’Hexatrek qui consiste à adapter le tracé afin de relier les hébergements disponibles tout en moins de 18 kilomètres pour être rendue avant midi.

Le souvenir marquant

Mon attente de plusieurs heures au frais dans un temple au pied des maisons troglodytes

Le lieu marquant

Le Struthof.

La rencontre marquante

Un couple assis devant sa maison à la fraîche, à la tombée du jour.

Une conversation simple avec des Alsaciens dont les parents avaient été allemands puis français au gré de l’Histoire et qui avaient perdu des proches au Struthof.

L’image marquante

Le vol des lucioles dans la forêt après mes larmes de découragement.

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Mercredi.07 Oberbronn

Hexatrek en nobo

16,5 km / 373 D+ / 446 D-

Hexa-buissonnière :

Pour cette chaude journée de plus, j’ai stratégiquement contourné une bosse de plus en filant le long d’une jolie rivière dans une réserve naturelle. Je n’ai économisé que 3 km et 150 D+.

Comme ça, j’ai pu terminer vers midi. Je n’ai eu trop trop chaud qu’une seule heure et j’ai adoré débarquer dans le joli village d’Oberbronn qui n’était pas au programme de l’Hexatrek. Accueillie par les cigognes ! Si si, comme dans les plus beaux clichés.

Physiquement, la journée a beaucoup ressemblé à celle d’hier. Je suis partie à 5h30 et, jusqu’à 8h, marcher a été un vrai plaisir. Ensuite, le thermomètre a repris petit à petit ses droits et j’ai commencé à chercher l’ombre et à multiplier les arrêts plutôt qu’à admirer le paysage.

Côté ravitaillement, j’étais un peu juste. J’avais peu de nourriture avec moi et à 10h00 j’étais totalement à vide. Même le vieux chocolat noir écrabouillé dans les cacahuètes a subi son sort. J’ai donc accueilli avec soulagement mon arrivée à Oberbronn avant la fermeture de sa boulangerie.

Ce soir, je fête la fin de ma septième semaine de marche dans un lieu pour le moins inattendu : un ancien couvent transformé en hôtel. Je ne peux pas dire qu’il y fasse vraiment frais, mais au moins je suis à l’abri du soleil. Après-midi calme, repos, douche et récupération étaient au programme.

Demain sera une journée un peu particulière. 

Je vais la commencer par prolonger mon sommeil jusqu’à 7h00 pour pouvoir profiter du petit déjeuner de l’hôtel puis je vais marcher une toute petite heure pour rejoindre Niederbronn, la ville ravito puis à midi j’irai me mettre à l’abri dans un Airbnb. Une pause bienvenue.

Il ne me reste deux jours de marche jusqu’à Wissembourg, mais vu les circonstances je ne pense pas y être avant dimanche soir.

A suivre…

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Mardi.07 Lichtenberg

Hexatrek en nobo

17,2 km 326D+  364D-

À 4 h 50, je glissais la clé du refuge dans la boîte aux lettres de la mairie de La Petite-Pierre et reprenais gaiement mon chemin. Avec quatre kilos de moins sur le dos et seulement 20 degrés, j’avais l’impression de survoler le sujet.

Pendant les premières heures, je tenais presque  4 km/h, montées et descentes comprises, avalant les kilomètres avec une vitesse et une facilité que je n’avais plus connues depuis longtemps.

Vers 8 heures, la chaleur s’est rappelée à mon bon souvenir et du reprendre un rythme plus coutumier.

Vers 10 heures, l’air à commencé à brûler alors j’ai ressorti les bâtons et adopté, bien malgré moi, mon pas de vieux sénateur en nage.

À 10 h 50, alors que j’approchais du but, Lichtenberg, je me suis écroulée sur un banc pour une sieste vosgienne d’une heure.

Vers 13h00 j’ai finalement atteint le village.

J’avais prévu d’attendre dans le restaurantt mais je m’en suis fait sortir pour cause de fermeture avant 14 h.

J’ai erré dans le village à la recherche d’une ombre fraîche puis, prenant mon courage à deux mains, je suis montée jusqu’au château.

Cette adaptation m’a convaincue d’une chose : les quatre kilos en moins ont changé mes matinées , mais ils ne font toujours pas le poids face à la canicule.