Pause pendant la pluie avant le retour du soleil. J’ai cuisiné. J’ai mis deux jours de plus que prévu pour traverser une zone sans magasins ni resto. J’avais encore un sachet de riz et J’ai cueilli de bonnes herbes. Le tout cuit avec un cube de bouillon de poulet.
Le temps est super moche depuis plus d’une semaine et pourtant ce soir nous sommes cinq longues distances à occuper la moitié du gîte communal des Alliés. Tous marchent en SOBO sauf moi 😅
Une Parisienne fait le GTJ (Grand Tour du Jura), un jeune retraité du Sud de la France suit le GR5 et un couple d’Hexatrekeurs, néo-zélandais, sont partis il y a un mois de Wissembourg.
Une drôle de tribu détrempée qui parle dénivelé, réchauds, menus, poids des sacs, et météo. Mais surtout de parfaits inconnus qui partagent l’intime très concret de leur existence au milieu de chaussettes qui sèchent !
Quitter la chaleur de nos nids douillets pour venir marcher sous la pluie glaciale du Jura français… on a tous un bon petit grain quand même !
Bon… la poule va maintenant retourner dans ses plumes. Il fait froid dans cette cuisine.
J’avoue quand même que partir dans la pluie et le brouillard sans plus aucune réserve de batterie que les 60% restant dans mon téléphone ne m’a pas mise dans une allegresse folle mais je savourais malgré tout la joie d’être là.
Au sommet du Grand Taureau je ne voyais pas à 3 m!
Je vous mets les deux clichés du même endroit : celui de hier au soleil et celui de ce matin quand le soleil s’est planqué au-dessus des nuages :
Sommet du Grand Taureau
Le village le plus proche est Les Alliés où j’y ai vu un gîte communal dans mon topo.
Levée 6h30, départ 7h15, arrivée 10h00 !
L’idée au départ était de faire le plein de ma power bank mais elle prend un temps infini et je décide de rester au chaud et de me reposer. Je ne suis pas pressée.
Vers 14h00 arrivent un couple de Nouvelle Zélande. Des Hexatrekeurs 2026 ! Michelle et Simon partis de Wissembourg il y a un peu moins d’un mois. On ne parle pas vraiment de langue commune mais on se débrouille comme on peut. Je suis très enthousiaste a les écouter et à leur parler.
Passage balisé franco suisse
Les rencontres sont toujours brèves mais intenses. Comme hier soir devant ma cabane quand Caroline et Claudine se sont arrêtées pour parler un peu et me proposer leur soutien logistique. J’ignorais encore que ma power bank allait mourir et comme je ne manquais de rien, on s’est quitté tout simplement.
Gîte communal des Alliés
Je trouve dans ce gite du riz, des pâtes et de la soupe. De quoi tenir deux jours encore jusqu’à Villers-Le-Lac.
Oui je ne suis pas pressée mais les magasins ne fleurissent pas le long du chemin !
Le bivouac c’est génial! Bien que la temperature soit tombée à moins 3 au petit matin, aujourd’hui je n’ai pas eu froid. Mon corps s’y fait petit à petit, tout comme il semble mieux supporter le poids du sac.
Le bivouac ce matin c’était se réveiller au coeur de la forêt. Il n’y a rien à redire, c’est un 10 sur 10.
Nous sommes partis d’un bon pas dans la fraicheur du matin. À droite du chemin le soleil pointait et à gauche le brouillard menaçait. Ambiance suréaliste.
A la Cluse et Mijoux on trouve une boulangerie géniale. Bon pain, bon accueil. On peut recharger nos estomacs, nos batteries et nos gourdes.
La montée au-dessus de la Cluse n’est pas de tout repos et après une belle crête bien plate la montée au Grand Taureau finit en apothéose.
Vue sur Pontarlier
C’est là que mon compagnon va prendre le laege, redescendre sur les Verrières en Suisse et moi je vais rester là. J’ai croisé une jolie petite cabane qui va me garder pourbla nuit.
Je vous écrit du coin du feu. Je suis heureuse et triste. Ça n’est pas toujours incompatible. La vie est belle, mais ce soir quelqu’un me manque.