Un an aux Planques

Bientôt un an que je suis aux Planques.

Mon petit paradis, choisi pour rester non loin des miens tout en respirant un peu à l’écart et laisser vivre la jeunesse.

Au centre de tout, l’amour de mon petit clan, leur réservant, si d’aventure cela pouvait s’avérer utile un havre de fraîcheur pour échapper aux canicules présentes et à venir et un travail de fonds pour réintroduire des compétences abandonnées depuis plus de deux générations. Lectures, vidéos, jardin, pain conserves et tests in situ sans oublier l’arrivée des poulettes !

Depuis un an je recherche les gestes utiles au jardin et en cuisine. J’ai modestement tenté de monter un petit réseau d’entraide entre nous une sorte de circuit entre la plaine et la montagne. Échanges de savoirs et de bons services, compost vs vadrouille, courses vs conserves, poires de Saxon vs oeufs de Luan. Des échanges et des découvertes routinières dont le petit rôle moteur que je m’étais assigné me convenait bien. Au printemps 2020 quand ÇA est arrivé, bien que balbutiant tout était prêt et fonctionnait à merveille.

Privée par essence de mes vadrouilles, mon petit moteur a mis les gaz, s’est nourri dans le soucis pour les autres, il s’est emballé puis à caler. A vouloir l’emmoder il s’est noyé…

… et les passagers pressés s’en sont allés construire leur monde d’après. Paradoxe absolu : les masques sont tombés.

Un an et mon petit paradis est toujours là et je l’aime. J’y voit naître quelques courges et pommes de terre, les poulettes me ravissent et rien ne me sort plus de ma parcelle. Je Glâne sous perfusion depuis Albi, Paris et Alger.

Les gestes pour quitter Les Planques et y revenir, si bien rôdés dans le monde d’avant sont perdus dans des méandres autistiques insondables. Les vrais humains ont disparu. Il n’y a plus de pont plaine-montagne, plus de routines mère-fille, plus de liens vadrouilles-vadrouilleurs. Je suis un peu comme une vieille tôle syphonée, un cube sans face, comme un cerf-volant sans ficelle. Je tombe, tourne en rond, rouille.

Bien que sans barreau, mon petit paradis est en fer. Je m’y asphyxie.

Faudra bien se remettre en marche! Tu m’attaches mes pompes ?

2 commentaires

  1. Macher ses rêves le temps que sa marche…
    Aujourd’hui la photo mise en haut du site me parle beaucoup.
    Et si tu la refait en changeant le temps.

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