Deuxième jour de la 3ème semaine
22 mai 2026 Hexatrek en NOBO
Abri du Torrêt – Abri de la Chapelle
Gorges du Doubs
14,7 km / 183 D+ et 286 D-
Départ avant 8h ce matin. C’était la pleine forme.
Dès le réveil, le sentier m’a immédiatement mené dans un autre monde. Un longue sente cabossée, un tunnel vert, arbres aux bras de mousse, encaissée parfois entre de grandes falaises. Des airs de Colorado bien plus fous que la Venoge. Très peu de fleurs, du vert encore, de la roche, des racines et l’humidité ancienne du sous-bois.
D’abord féérique mais ensuite presque opressant. A de rares moments le paysage s’est ouvert, ça n’a jamais duré.
J’ai croisé beaucoup de marcheurs et marcheuses au long court. Deux avaient dormi à l’abri des Pêcheurs à une heure de mon « chez moi » du jour, un autre venait de Goumois et se rendait à Morteau (!) Aussi 3 jeunes de banlieue parisienne plutôt émus, qui étaient venus « voir la nature ». Ils étaient touchants. Et prévenants.
J’ai déroulé sans un accroc jusqu’à 11h environ, mon corps suivait bien malgré la charge et le terrain exigeant : de grandes marches naturelles, des pierres, des racines, un sentier irrégulier demandant une attention constante. Vers 11h, je me suis arrêtée près d’une petite source magnifique. Une eau claire, un endroit paisible où j’aurais volontiers passé la nuit ! Mais c’était beaucoup trop tôt pour m’arrêter et J’y suis tout de même restée plus d’une heure puis j’ai repris le sac allourdi des 2 litres d’eau prévus pour le bivouac de ce soir.





Malgré la chaleur et la digestion en cours avec un pas plus lent, j’ai avancé normalement jusque vers 13h00, puis quelque chose a changé. Le terrain était le même qu’au matin, mais je me suis mise à le subir. Chaque grande marche demandait un effort. Les chevilles moins souples chauffaient et fatiguaient, la plante des pieds brûlait peu à peu, il n’y avait plus aucune fluidité.

À partir de là, mon rythme s’est complétement desossé pour devenir carrément cahotique. J’ai continué à avancer, mais de plus en plus lentement, usée par cette succession infinie de pierres, de racines et de marches naturelles et de vert tellement vert.
Je me suis arrêtée à 16h. À ce moment-là, je n’avançais plus que très lentement et une oportunité pour la nuit s’est présentée.

Demain : Goumois !