Réveil de vieille ce matin : ronchon, brouillon, j’avais envie d’être ailleurs ! Un projet contrarié m’avais sorti de mes routines et donc je n’avais plus du tout la tête à tout ça.
Je n’avais aucune idée de ce qu’étaient les Vosges mais j’imaginais un morceau de Jura qu’on traine derrière soi !
La honte.
En fait les Vosges sont les vestiges d’une très ancienne chaîne de montagnes appelée chaîne dite varisque ou hersynienne.
Elle s’est formée il y a environ 350 millions d’années, donc bien avant les Alpes et le Jura. À cette époque, les Vosges faisaient partie d’un immense massif qui comprenait aussi la Bretagne, le Massif central, les Ardennes et la Forêt-Noire.
Au fil du temps, cette chaîne a été presque entièrement usée par l’érosion. Puis, lors de la formation des Alpes il y a environ 50 millions d’années, les mouvements de la croûte terrestre ont soulevé les Vosges et la Forêt-Noire de part et d’autre du fossé rhénan. Les Alpes et le Jura sont donc beaucoup plus jeunes que les Vosges.
Je savais que la Bretagne était un énorme massif erodé mais pas je ne savais pas qu’ entre la Bretagne et les Vosges il y avait un rapprochement à faire.
Des Ballons ronds
En traversant les Vosges du sud vers le nord, on rencontre des roches différentes. Autour de Thann et des Ballons dominent le granite et le gneiss, des roches très anciennes qui donnent naissance aux sommets arrondis caractéristiques des Hautes-Vosges.
Plus au nord, vers Ribeauvillé, apparaissent les poudingues, roches formées de galets cimentés entre eux. Un peu comme vers le Mont Pèlerin. Puis viennent les grès, qui forment de grands rochers, des falaises et des chaos rocheux comme ceux du Taennchel. Vu un peu hier et je pense que j’en verrai d’autres les jours qui viennent.
Cette diversité géologique explique pourquoi les paysages changent autant au cours de la traversée : les ballons aux formes douces du sud n’ont pas le même aspect que les impressionnants rochers des Vosges centrales et septentrionales.
Teannchel
En quelques jours de marche, j’ai ainsi traversé plusieurs centaines de millions d’années d’histoire géologique, depuis les vieux massifs granitiques des Ballons jusqu’aux rochers de grès qui annoncent les Vosges du Nord.
Je suis partie avant que ne se réveille cette petite troupe d’hexatrekeurs en sobo qui ont à peine 250km dans les molets et encore 2750km dans le viseur. Ils sont heureux, excités et bavards. Une belle jeunesse un peu trop intrusive pour troubler le chant du merle.
Une immense et interminable descente, très belle, variée avec de la pluie après dîner.
Je n’ai plus rien que des repas et pour mon petit déjeuner c’est soit porridge salé au beurre soit des nouilles de riz au beurre. Quel choix ! Va pour les nouilles!
Sur ce panorama on voit (presque) toute la crête parcourue cette semaine. De gauche à droite… de tout à gauche à tout à droite avec évidemment les vallons entre deux qu’on ne voit pas … 😇
Belvédère du col de Fréland
Col de Fréland, lieu-dit « Le Plane », altitude 830 m
Historique : Ce monument fut érigé par les soldats allemands séjournant dans le secteur durant la Première Guerre mondiale. Sur ce site, leur état-major pouvait observer les champs de bataille des environs (marqués en rouge sur la table d’orientation). Il fut baptisé HERZOG ALBRECHT BLICK en l’honneur du duc de Wurtemberg, généralfeldmarschall commandant le groupe d’armées de l’Est qui, depuis Strasbourg, vint à plusieurs reprises en ce lieu situé sur le territoire de la commune de Fréland. L’histoire raconte que le duc ne vit jamais ce monument car sa construction fut achevée le 31 mai 1918, peu avant la fin du conflit. Peu après, les habitants de Fréland « épurèrent » l’édifice en faisant disparaître en particulier les statues, symboles d’une puissance passée (voir photo de l’état initial). Subsistent sur le fronton, en haut à gauche, le blason de la Maison de Bade représentant un lion et, à droite, celui des Wurtemberg représentant un cerf. Restauré en 2014, le Belvédère offre, 100 ans après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, toujours le même point de vue panoramique vers le sud de la montagne des Vosges, jusqu’au Grand Ballon situé à 33 kilomètres (voir principales distances à vol d’oiseau portées entre parenthèses sur la table d’orientation).