Après un début de matinée très logistique

Ce matin, réveil au chant des oiseaux avec une seule idée en tête : trouver de l’eau.
Il m’aura fallu quatre cents mètres de grimpette et un peu moins d’une heure pour trouver la fontaine notée sur mon topo. J’y ai fait un peu de lessive, me suis préparé un bon thé vert et surtout j’ai pris le temps.
Cette année je veux changer quelque chose dans ma manière de marcher, ne plus avancer coûte que coûte. Je veux vivre en marchant et non plus marcher pour marcher.

La montée dans la forêt était très agréable : quelques passages raides, mais aussi beaucoup de replats doux et paisibles avec un soleil naissant qui filtrait à travers le jeune feuillage.

Puis la forêt s’est ouverte d’un coup. Plus un arbre. Seulement La Dôle, immense, avec sa grande boule blanche dressée dans le ciel.
Le paysage a complétement changé. C’étsit alpin et grandiose.
Le sol était jonchés de petits crocus, de soladanelles, de scilles et de jonquilles. J’ai aussi vu mes premières gentianes de l’année. Je suis toujours émues de les revoir au printemps.




Au sommet, je me suis arrêtée pour manger. On ne parle pas de la vue tant elle était… spectaculaire et vaste et fantastique et envoutante.
J’y ai rencontré trois dames avec qui j’ai échangé un moment. Elles m’ont offert une datte. Cela peut sembler tout simple mais cette douceur et ce geste m’ont fait du bien.




La descente demandait un peu d’attention avec le poids du sac, mais elle s’est très bien passée. Les murs de pierre sèche étaient magnifiques.
Et puis, à l’arrivée, il y a eu l’accueil chaleureux au camping des Cheseaux à St-Cergue.


Encore une belle journée et de la chaleur humaine. C’est profondément réconfortant.







Hier, j’avais prévu de monter jusqu’à 1200 mètres, au pied de la Dôle paeceque sur l’Hexacarte était signalé une place de bivouac avec une fontaine.
Mais arrivée à 900m j’en avais plein le dos et plein les baguettes alors j’ai cherché un bout de plat dans cette forêt abrupte et j’ai planté ma tente avant l’averse.
Il ne me restait que 75 cl d’eau pour le souper, la toilette et la nuit.
Dans ces moments-là, l’eau change complètement de valeur. Elle n’est plus un geste automatique du quotidien. Elle devient quelque chose qu’on calcule, qu’on répartit et qu’on protège.
Je l’ai chauffée pour réhidrater mon riz dans une petite casserole avec quelques herbes sauvages et un peu de bouillon. Puis j’ai bu le liquide qui n’avait pas été absorbé par le riz. Rien ne s’est perdu cette eau-là faisait à la fois le repas, la chaleur et l’hydratation. Il restait encore un peu d’eau dans la gourde. De quoi infuser un peu d’asperule avec un sachet de verveine et j’ai gardé au fond de la gourde une minuscule réserve pour le lendemain matin. Une petite goutte de sécurité.
Ce matin, je me suis remerciée de cette goutte qui a décollé le fond de ma gorge et j’ai entamé les 300m de d+ qui m’ont apporté la vie, l’eau c’est la vie.
Je savoure maintenant le plaisir de remplir les gourdes, de boire longuement, de laver un peu de linge au soleil.
