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Géologie des Vosges

Je n’avais aucune idée de ce qu’étaient les Vosges mais j’imaginais un morceau de Jura qu’on traine derrière soi !

La honte.

En fait les Vosges sont les vestiges d’une très ancienne chaîne de montagnes appelée chaîne dite varisque ou hersynienne.

Elle s’est formée il y a environ 350 millions d’années, donc bien avant les Alpes et le Jura. À cette époque, les Vosges faisaient partie d’un immense massif qui comprenait aussi la Bretagne, le Massif central, les Ardennes et la Forêt-Noire.

Poudingue

Au fil du temps, cette chaîne a été presque entièrement usée par l’érosion. Puis, lors de la formation des Alpes il y a environ 50 millions d’années, les mouvements de la croûte terrestre ont soulevé les Vosges et la Forêt-Noire de part et d’autre du fossé rhénan. Les Alpes et le Jura sont donc beaucoup plus jeunes que les Vosges.

Je savais que la Bretagne était un énorme massif erodé mais pas je ne savais pas qu’ entre la Bretagne et les Vosges il y avait un rapprochement à faire.

Des Ballons ronds

En traversant les Vosges du sud vers le nord, on rencontre des roches différentes. Autour de Thann et des Ballons dominent le granite et le gneiss, des roches très anciennes qui donnent naissance aux sommets arrondis caractéristiques des Hautes-Vosges.

Plus au nord, vers Ribeauvillé, apparaissent les poudingues, roches formées de galets cimentés entre eux. Un peu comme vers le Mont Pèlerin. Puis viennent les grès, qui forment de grands rochers, des falaises et des chaos rocheux comme ceux du Taennchel. Vu un peu hier et je pense que j’en verrai d’autres les jours qui viennent.

Cette diversité géologique explique pourquoi les paysages changent autant au cours de la traversée : les ballons aux formes douces du sud n’ont pas le même aspect que les impressionnants rochers des Vosges centrales et septentrionales.

Teannchel

En quelques jours de marche, j’ai ainsi traversé plusieurs centaines de millions d’années d’histoire géologique, depuis les vieux massifs granitiques des Ballons jusqu’aux rochers de grès qui annoncent les Vosges du Nord.

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Hexabilan semaine 5

Période : du 4 juin au 10 juin 2026

Thann – Hohneck – Ribeauvillé

La semaine en chiffres

  • Distance : 103,9 km
  • D+ : 4 428 m
  • D- : 4 269 m
  • Jour de pause : 1 (Thann)
  • 1 bivouac
  • 1 camping
  • 1 cabane
  • 4 refuge/gîte

Carte de la semaine

Départ : Thann

Arrivée : Ribeauvillé

Depuis le départ

  • Nyon – Ribeauvillé
  • Distance totale : 466,7 km
  • D+ total : 14 449 m
  • D- total : 14 231 m

Le plus beau : Les panoramas des crêtes, le levé du soleil et le coucher du soleil

Le plus difficile : la longueur des étapes et le nombre de jour sans ravito et partir sans savoir où tu vas dormir

Ce qui a bien fonctionné : La récup entre chaque étape

Ce qui a moins bien fonctionné : Le coût des hébergements et des restos.

Continuer à privilégier le voyage plutôt que la performance et faire confiance à ma bonne étoile.

L’instant marquant

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Mercredi.05 – Ribeauvillé

Hexatrek en nobo

10 juin, dernier jour de la cinquième semaine.

18,2km 189D+ 1025D-

Une immense et interminable descente, très belle, variée avec de la pluie après dîner.

Je suis partie avant que ne se réveille cette petite troupe d’hexatrekeurs en sobo qui ont à peine 250km dans les molets et encore 2750km dans le viseur. Ils sont heureux, excités et bavards. Une belle jeunesse un peu trop intrusive pour troubler le chant du merle.

Je n’ai plus rien que des repas et pour mon petit déjeuner c’est soit porridge salé au beurre  soit des nouilles de riz au beurre. Quel choix ! Va pour les nouilles!

J’avoue que les nouilles de riz au beurre à 5h00 du mat c’est pas folichon mais ça tiendra au ventre jusqu’à Aubure. Le plus haut village d’Alsace, des Vosges et même du Grand Est. J’y suis reçue « chez Marinette » une femme qui a eu le nez creux et qui met toute sa sympathie et son sens agréable du commerce au service des hexatrekeurs : thé ou café pour un petit déjeuner avec baguette, beurre et confiture, de quoi recharger en gaz, fruits secs, fromage etc. On peut y recharger aussi nos appareils. Le plein d’énergie à tous niveau. À 7h00 son officine ne désemplit pas. Tout ce dont on rêve après toutes ces nuits d’inconfort et toutes ces journées d’efforts.

Je file. Je vais dérouler tranquillement jusqu’à 14h30.

J’arrive sous une pluie battante à Ribeauvillé.

J’ai vu encore beaucoup de km de sapinières abîmées mais aussi une chataigneraie, et des êtraies. Et des pins !

Ribeauvillé. Une ville que je visiterai demain avec je l’espère une météo plus clémente.

A la fin des précipitations j’ai monté   ma tente. Le camping a des douches, une salle pour randonneurs mais se trouve à 2km de la ville proprement dite. Ce soir je finis mes repas chelous  et demain … c’est fiesta bamboula !

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Col de Fréland

Sur ce panorama on voit (presque) toute la crête parcourue cette semaine. De gauche à droite… de tout à gauche à tout à droite avec évidemment les vallons entre deux qu’on ne voit pas … 😇


Belvédère du col de Fréland

Col de Fréland, lieu-dit « Le Plane », altitude 830 m


Historique :
Ce monument fut érigé par les soldats allemands séjournant dans le secteur durant la Première Guerre mondiale. Sur ce site, leur état-major pouvait observer les champs de bataille des environs (marqués en rouge sur la table d’orientation).
Il fut baptisé HERZOG ALBRECHT BLICK en l’honneur du duc de Wurtemberg, généralfeldmarschall commandant le groupe d’armées de l’Est qui, depuis Strasbourg, vint à plusieurs reprises en ce lieu situé sur le territoire de la commune de Fréland.
L’histoire raconte que le duc ne vit jamais ce monument car sa construction fut achevée le 31 mai 1918, peu avant la fin du conflit.
Peu après, les habitants de Fréland « épurèrent » l’édifice en faisant disparaître en particulier les statues, symboles d’une puissance passée (voir photo de l’état initial).
Subsistent sur le fronton, en haut à gauche, le blason de la Maison de Bade représentant un lion et, à droite, celui des Wurtemberg représentant un cerf.
Restauré en 2014, le Belvédère offre, 100 ans après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, toujours le même point de vue panoramique vers le sud de la montagne des Vosges, jusqu’au Grand Ballon situé à 33 kilomètres (voir principales distances à vol d’oiseau portées entre parenthèses sur la table d’orientation).

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Mardi.05 Pierre des Trois Bans

Hexatrek en Nobo

9 juin / 13,3km /  508D+/ 441D-

Ce refuge non gardé porte ce nom car il est  borné au carrefour de trois communes. Peut-être reait-ce un stagiaire qui a préparé les panneaux ?

Aujourd’hui j’avais la forme. Pas l’ombre d’un problème. Aucune douleur, ni chaud, ni froid, ni faim, ni soif ! Le must !

J’ai profité hier soir d’être seule dans le dortoir avec wc et douche privative pour faire toute ma petite lessive. J’ai aussi profité du petit dej à 8h00 poour faire grâce mat ! J’ai démarré à 9h30.

Le paysage change petit à petit. Les collines s’applatissent un peu et les plaines s’élargissent.

J’ai passé le Col du Bonhomme et le village du même nom et j’ai élu domicile ce soir dans le plus charmant des refuges.

Je commence à croiser le gros des Hexatrekeurs partis le 1er juin. C’est un peu foule full… ce soir nous sommes un dizaine autour du refuge. Il y a même un bébé.

J’ai croisé beaucoup de sapinières en très mauvaises état depuis mon entrée dans les Vosges et aujourd’hui particulièrement.  Je me suis renseignée auprès des habitants sur ces sapinières.

Elles sont été plantées à la hâte à la sortie de la guerre de 14-18. Cette essence n’était pas présente avant la guerre mais celle-ci ayant laissé les monts et ballons complètement pelés, le sapin à pousse rapide semblait une bonne idée.

Mais plusieurs problèmes se posent pour lui. D’abord en dessous de 1000m c’est un peu bas  pour lui. Ensuite ses racines puissantes pompent fortement dans les nappes et assèchent les sols. A cela s’est ajouté les sécheresses et le réchauffement global avec son manque de neige et de précipitations hivernales et des montagnes entières se meurent.

Je vous parlais hier de stigmates de la guerre dans le paysage. En voilà un qui marque tous les promeneurs.