Boum !

Etape 2 Aigle – Villeneuve

9 avril 2014
Je réalise en démontant pour la première fois mon campement que tout cela me prend bien trop de temps. Deux heures trente ! Et c’est sans compter le petit déjeuner ! Dont je vais être obligé de faire l’impasse mon ami Rolf, dont la forêt m’a parlé hier a décidé de me rejoindre pour son mercredi de congé.

C’est que, jouer à Tetris en remontant mon barda et tout caser dans le Carrix sans bosse, sans trou et en équilibre tiens déjà du défi dans son salon mais là l’exercice devient chronophage et franchement ridicule.

Il a déjà fallu 5 bonnes minutes pour que, ankylosée par le froid, je puisse m’extraire comme un gros pachyderme de mon palace pliant.. Il me semblait que cette nuit, pour rejoindre les sanitaires j’avais eu moins de peine. J’ai toutes sortes d’expressions qui me viennent à l’esprit comme « on n’est pas sortie de l’auberge », ou « ça va être une autre paire de manches »

En bonne tête de pioche je retrousse mes manches et me mets au démontage et au pliage de mon auberge et je porte une attention particulière à chaque objet non plus à me demander une fois encore si j’en aurai l’utilité un jour mais juste pour les mémoriser. Un peu comme un jeu de Kim.

Je suis quand même interpellée par un tout petit sous plat pliable prévu pour poser mon assiette. Mais je ne change rien et me dépêche J’ai rendez-vous avec Rolf !

Ce qui me reste de cette journée c’est sa lumière ! C’est le premier jour des petites feuilles vertes, les troncs sombres rayonnent derrière le tendre qui naît.

On longe la Grande Eau pour rejoindre les bords du Rhône que l’on longe jusqu’au Vieux Port. Le Léman m’ouvre son coeur.

Et quand je dis que c’est mon premier printemps, c’est à peine une métaphore. Jamais de ma vie jamais je n’ai fait une si longue journée en plein air au printemps. Jamais je n’avais vu tant de vie exploser !
Je suis à la fois émerveillée et rassurée par la puissance de la vie, par ma capacité à la recevoir et même par ce puissant echo fait par le partage de ces émotions loin du verbe. Je sais juste que Rolf partage ce même émerveillement.

Chers, hissons la vie qu’elle vaille bonne heure !

Arrivée à Villeneuve, j’ai remis à Rolf, qui me quitte devant les Flots Bleus, mon grand parasol sachant qu’il ne servira jamais ni sous la pluie ni sous le soleil. Et je me sens soudain plus légère.

Le placeur coince ma tente entre deux caravanes en face d’une autre tente encore plus minuscule que la mienne, celle d’un cycliste dont le barda questionne le mien.

Mais aussi plus ma récitation était longue et plus mon attention quittait la beauté du printemps pour me poser des questions qui n’avaient pas lieu d’être au moment même où je me les posais.

Mon jeu de Kim fonctionne très bien, en tâche de fond je me la suis récité dans et plus je me rappelais d’éléments, plus ma liste était longue et plus je me sens rassurée. C’est le bon point des gros bardas.

C’est ainsi que le soir venu, j’ai repris mes boîtes, mes filets et mes trésors et j’ai trié en tentant de répondre à la question suivante : est-ce que mon aventure serait remise en question si je perdais cet objet ou devrais-je le racheter ? J’ai ainsi mis de côté le sympathique petit sous plat mais aussi le réchaud et ses bonbonnes de rechange, la cantine isolante, sorte de thermos à nourriture, le livre papier, la seconde lampe de poche (j’ai gardé la frontale), le linge de plage conservant un petit linge pour la toilette. J’ai aussi viré la bâche qui si glisse sous la tente et toutes sortes de petits trucs dont j’ai oublié jusqu’à l’existence puis je me suis installée pour ma seconde nuit.

Et, roulement de tambour pour la première fois de ma vie, je suis entrée seule dans un restaurant, le soir. J’ai commandé un rizoto aux asperges et encore une autre première de tous les temps : 1dl de blanc !

Avant de m’endormir assez fière de moi, j’ai regardé les objets que j’avais exclus de mes affaires. J’ai fait un message à ma fille Natacha qu’elle pourrait passer dans la semaine ramasser un sac que je laisserai à la réception des Flots Bleus. Mais juste avant j’ai « volé » dans ce tas quelques trucs appelés « oui mais bon mais c’est pas lourd »…

Il y a encore du chemin pour apprendre à s’alléger.

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8 commentaires

  1. « On sait jamais ». Etape par étape, j’allège mon barda à moi… N’empêche, j’ai jeté, et là, je rachète… Mais shuuut…. C’est une autre façon de faire. Etape par étape. Je me suis plus allégé que réencombré quand même. Ce jour-là, toi également 🙂 Le parasol… Je me souviens du parasol 🙂 Puis de ce sac laissé au camping pour ta fille. Le début d’un parcours de petit pousset. Et quel parcours. :*

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