« Tu as décidé de partir va-t-en » me lançaient mes cornouilles singeant la Rose de la planète B612.

J’ai déjà eu plusieurs vie sur plusieurs planètes.

Je les ai toutes quittées dans la précipitation parfois drapée de colère ou de rancune mais toujours dans la souffrance.  A peine si j’étais chargée de l’énergie nécessaire au deuil engendré par le départ.

Cette fois il n’en est presque rien. A quelques jours de voir mes affaires  hissées à 1200 m d’altitude par un camion, je suis légèrement vêtue d’une nostalgie très douce et un peu triste.

C’est le jardin qui met l’ombre la plus lourde sur mon coeur. N’avoir profité que d’une seule symphonie printanière me rend morose. Quand je pense au festival de couleurs dont je serai exclue je me surprends à douter de ma décision. Pourtant c’est lui qui m’a proposé de partir. Voyez-vous, il n’y a pas que les roses qui soient contradictoires !

Je laisse mes cornouilles et mon jasmin, ma rhubarbe et mon figuier, je laisse une petite partie de moi, de mes rêves et de mes projets.

Je m’éloigne un peu, mais si peu, des êtres qui me sont chers. Il faudra apprendre à se voir autrement, moins souvent mais peut être qu’on se rencontrera à nouveau pour de vrai.

Petite Laly,  plus si petite, je me réjouis de savoir que tu me rejoindras parfois dans ma montagne. Je t’apprendrais la caresse du vent et la lumière des étoiles, je t’emmènerai entre les feuillages cueillir les champignons et ensemble nous chercherons une place pour ta rose dans mon nouveau jardin.

Vous savez, je découvre que c’est agréable de laisser du bon de soi dans un monde que l’on quitte. J’ai tellement craint d’abandonner les choses trop tôt qu’au final j’ai souvent du les fuir laissant dans mon sillage plus de misère que d’engrais.

Cette fois, c’est le moment.

Pendant cette année où je n’ai pas pu mettre un pied devant l’autre je me suis perdue loin des balises. J’ai passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel: jaune, rouge, blanc, bleu… et sans m’en rendre compte petit à petit le chemin s’est tracé. Je dis adieu à mon cornouiller mais sûre ! je ne vais pas m’ennuyer.

Pour l’heure je me hâte mais je me hâte Luantement.

Quand cette nostalgie aura fini de me coller à la peau, quand j’aurai dit adieu à tous ces oripeaux je viendrai promis, vous chanter le renouveau ! Et c’est pour bientôt.

(vous pouvez commenter ci-dessous ou vous manifester sur les petits pouces comme sur FB ou presque)

… cet instant où les deux pieds touchent encore le sol mais que tu as déjà explosé l’élan pour sauter… et que tu te dis : mais quelle drôle d’idée 😅

C’est la première fois que je m’apprête à quitter une vie pour une autre sans être fâchée avec elle.

Presque tout me sied dans celle-ci. J’ai bon chaud et je mange bien, mon nid est à ma taille, la lumière y est douce et je croise facilement les regards de mes enfants d’amour.

Le quartier est presque calme et toutes les commodités sont à moins de 5 minutes. Mon petit jardin m’a promis des rêves pour chaque printemps de festoyer toutes tulipes dehors dès le mois de mars. Vivre ici est facile et me permet d’évoluer dans une situation financière très favorable, que je n’ai jamais eu et que je ne pourrais jamais retrouver.

Alors pourquoi cet appel? Pourquoi cette puissance et cette détermination ? quelle drôle d’idée !

Puisque je me décide pour un grand saut dans l’inconnu, je focalise malgré moi sur toutes les pertes volontaires que je m’apprête à m’infliger. Je dois bien avouer que j’ignore tout de la nouvelle vie qui m’attend et que j’ai peur. Pourtant je me fais confiance et j’avance. Cela fait des semaines que j’explore tous les espoirs, inspecte toutes les barrières, pèse les pour et énumère les contres et à chaque fois, quelque soit le résultat de la balance la réponse est la même. Vas-y !

Hier j’ai donc donné cet élan qui fait que lundi mes pieds s’arracheront du sol et que l’air de rien, une nouvelle aventure va commencer.

Hier je me suis rendue gaillardement à un cours sur les plantes médicinales pour respirer de nouvelles connaissances!

Inspirer…exprimer.
Inspirer par le verbe, exprimer par le geste.
Recueillir puis extraire.
Après un sirop de lierre terrestre anti toux, on a fabriqué un baume de plantain pour presque rien et un fabuleux vin d’angélique en guise de digestif.

Je vais laisser décanter toutes ces broutilles pour que ces sciences infusent. Je pourrais peut être distiller plus tard quelques principes actifs.

Annulation de la collecte à pied 2019.
Vous pouvez annoncer vos dons (gants, bonnets, écharpes, chaussettes et couverture) à armoireacouvertures (at) gmail.com.


Quand on marche, pour continuer le périple, il faut trier les effets qui sont de trop, il faut trier et écarter. Cela peut prendre du temps de savoir ce qui pourrait nous manquer et ce dont on pourrait se passer. J’ai donc posé le sac et entamé quelques réflexions tout en vaquant à combler le vide des salles d’attente, passage obligé des thérapies nécessaires à mon corps un peu surmenés par la version 2018 de la collecte.

Loin de l’alléger, ma sédentarité forcée a plomber ma besace ! Mais mince alors ! Faut changer de tactique. Impossible de me lancer comme ça dans la préparation 2019. L’âme est agitée alors même que les sciatiques refusent, et de gauche et de droite, à rester coites !

Mais promis je fais tout pour retrouver la joie, la forme et l’envie pour l’an prochain. Vous me manquez déjà.

Je vous inviterais avec un programme de vadrouille en début d’automne pour que vous puissiez vous joindre à moi pour mes premiers pas. Si le coeur vous en dit, bien sûr.

Bla bla bla
Bla bla bla
Bla bla bla
Foncer dans le mur
Se prendre la tête
Faire le dos rond
Courber l’échine
En avoir plein le dos
Vider son sac
Lâcher prise (les bras m’en tombent)
Toucher le fond
Se noyer dans un verre d’eau
Rester à quai
Se la couler douce
Se faire mener en bateau
Voir anguille sous roche
Noyer le poisson
Avaler des couleuvres
Garder ça sur l’estomac
Couper la poire en deux
Se mettre sur les plots

Il est urgent d’attendre!

Sciatiques, antalgiques, pas magique

Des mots, des maux, démo ?
Démonstration : CQFD
Des monstres à … Bex faut un plan B

Se retrouver au pied du mur
Reculer pour mieux sauter
Passer comme chat sur braise
Avancer à tâtons (mais ne pas avoir la lumière à tous les étages)
Fermer les yeux
Cacher la merde au chat
Soulever le tapis (ou se prendre les pieds dedans aussi)
Rester cloué au sol
Mettre un pied l’un devant l’autre
Traîner la patte
S’accrocher aux branches
Suivre son fil d’Ariane
Et donc …. annuler Rando Chaussettes

Ce printemps, quand le glas de la sciatique a sonné, quand ma chaussure s’est mise à butter sur les aspérités du chemin, quand cette petite brûlure en bas des reins m’a agacée et que j’ai décidé de poser mon sac, je pensais prendre une semaine ou deux de repos bien mérité.

Mais la fatigue qui avait enflammé mes muscles et mes tendons avait aussi coulé jusque derrière mes os pour s’infiltrer sans retenue jusqu’au creux du pli de l’âme. Une vraie inondation charriant son lot d’anxiété et de stress.

Je ne suis pas restée inactive pendant cette soudaine sédentarité.

J’ai cherché le pyromane qui sommeillait en moi puis je l’ai trépassé à tabac. J’ai fait barrage à des flots d’agressivité à tribord et j’ai lutté contre l’auto-sabordage à bobards. Comme le temps s’écoulait, j’ai eu maille à partir avec le Monde et j’ai dû ravaudé quelques chaussettes, raccommoder certains projets et biner mes plates-bandes.

Voilà, l’incendie est éteint depuis belle lurette et l’eau semble trouver (enfin) le chemin de la décrue. Mais où sont donc mes pompes ?
Parce qu’il va falloir chausser !

… à droite et tout l’Aar du monde à gauche. On ne peut pas plus loin. On a quitté le sentier pour aller au bout, tout au bout.

Je vous écris du bord de l’eau, du Bord-des-Eaux, le bruit des hommes et intense. La nature résiste dans l’espace qu’on veut bien lui laisser Mais son clapotis fait plus de bruit !

Tout au long de ce périple j’ai vu la nature et l’homme se confronter sans cesse. Comme partout ailleurs mais avec une frontalité exacerbée.

Bien sûr la nature ne sort pas gagnante mais elle est là, elle persiste, elle se bat et si tôt qu’on veut bien lui foutre un peu la paix, elle gagne, elle envahit, elle résiste.

Là où je me trouve en ce moment pour vous écrire, au bout du bout, au bout du chemin, au confluent du confluent, avec l’Aar d’un côté, le Rhin de l’autre, il y a une énergie incroyable. Une sorte d évidence à être, une évidence à vivre.

Le pont de fer juste à côté, avec son ballet de véhicules en tous genres et son bruit infernal n’est qu’un petit détail face à la force de ces deux flots incessants d’eaux calmes. Sa puissance est infinie. L’eau va où elle doit, on ne peut l’arrêter et quoi qu’on fasse elle ira. Elle avance, elle avance, elle avance et ne fera pas le chemin dans l’autre sens. Pas plus que nous c’est une évidence. La danse…

Bon! c’est pas tout ça! faut rentrer maintenant allons à la gare mais nous reviendrons pour rentrer par les crêtes du Jura. A pedibus !

Aujourd’hui on marche léger parce que 17kg comme hier, ça va une ou deux fois mais pas tout le temps. J’ai emporté mon appartement tout entier il me semble tellement c’est lourd. 1kg par m2 ,,,,😂

Mais quoi donc ? Déjà la nourriture pour Pompon pour 4-5 jours mais aussi tout ce que je peux avoir qui peut faire baisser la facture alimentation du périple. A moins de se rentrer dans une Coop ou une Migros tout coûte plus cher en chemin. (sans compter que je me méfie des Coop et des Migros que je ne connais pas, car le stress me donne souvent la dépens-vite).

Donc je sèche les fruits du panier bio, emporte des paquets d’amandes et mes barres céréale faites maison. Je me charge aussi d’une boîte d’anchois par jour de vadrouille, de la viande séchée et du chocolat noir. Pour le reste il faudra se débrouiller. Ah oui j’oubliais de signaler les 12 œufs durs, le thermos, la mini casserole et le brûleur… qui ont leur mot à dire dans ces 17 kg !

Avant de partir, j’ai encore vite glissé dans le sac des baskets légères et une robe de sport à tester.

Alors il fallait trouver une petite astuce pour soulager mon dos et mes rotules et pour arriver à profiter pleinement du beau temps annoncé.

Hier vers 15h après 19km plutôt difficiles au vu du poids conjugué à la chaleur, j’ai monté ma tente dans le camping d’Aarburg et déposé tous ce fourbi dedans pour continuer entre 17 et 20 heures avec rien jusqu’à Olten, légère comme un jour sans pain, avant de revenir au camping en bus pour y manger et y passer la nuit.

Ce matin enflage de la robe de sport à 5h30 puis départ pour Olten. Sans oublier la petite laine utile à potronminet sur la robinette, un pique-nique et de l’eau et Hop ! prendre le premier bus pour Olten.

J’ai passé si tôt le chemin des berges… que le silence était quasi parfait malgré la très grande proximité de la ville. Puis tout est devenu plus sauvage.

L’ Aar revitalisée et renaturalisée donne à voir tant de beautés entre Olten et Aarau qu’on en oublierait presque Gösgen et sa très très très vilaine cheminée. Mais elle est là, très vilaine mais très impressionnante aussi. Tout autour la nature se porte à merveille. On lui fiche un peu la paix, c’est sans doute pour ça.

Une fois passé l’enchantement devient presque total. Peu d’imagination est nécessaire pour faire abstraction des signes laissés par les humains ça et là. Mais il en faut quand même un peu.

Passé Aarau, la rivière est à peine moins vivante et encore très agréable. On se pose à l’ombre le temps de laisser passer les trop : trop fatiguées, trop chaud, trop de monde et on poussera jusque vers le soir encore quelques pas en direction de Brugg avant de retrouver le camping et le barda avec le train et le bus.

Et demain… Bah….Demain on verra…

Déjà finir cette belle journée

… c’est même un art simple. Simple et évident. Ne sommes-nous pas conçus, fabriqués et assemblés uniquement pour exceller dans cet exercice ? Mécaniquement je veux dire !

Parce que l’art de marcher, dans la tête c’est une autre histoire. Dès qu’on y rêve un peu, c’est un vrai foutoir ! Un enchevêtrement de démarches à mener hors du train train quotidien. Comme tout ce qui est simple, se mettre en marche est une affaire très complexe. Mentalement je veux dire !

Le chemin le plus caillouteux que doit parcourir le marcheur et celui de sa voie intérieure, il est parfois si mal balisé que l’on peut s’y perdre aussi facilement que dans une forêt balafrée par les forestiers ou pire encore, aussi  certainement que sur un sentier valaisan. Hors station bien entendu !

Bah oui, il faut alléger, décomplexifier, lâcher les proies et les ombres, vider les sacs. On dit que partir est une façon de se dépouiller du superflu, mais comment savoir de quoi se départir avant même d’être dans le flux?

Pour se faciliter la vie, quand on rentre, on fait une liste de ce sac devenu idéal au fil des pas dépassés. Parfois même on conserve et on range soigneusement, soit une trousse de toilette, soit quelques habits devenus fétiches soit encore quelques notes sur les envies de périples nées chemin faisant. On relève ici ou là des idées, collectionne des images ou acquiert le petit ustensile qui a peut être fait défaut la dernière fois.

Mais rien y fait. A chaque fois, il faut recommencer de puis le début. 

Commencer par jouïr de la sédentarité retrouvée, du confort douillet des choses et des gens qu’on aime. A trouver ça normal on finit par oublier qu’on est nomade et à force d’oubli on en tombe malade. On est empêtré, engoncé, fatigué, écoeuré. 

A ce moment précis le périple est déjà entamé. Mais on n’en sait rien. Tout l’être et même le paraître sont vides. Il n’y a plus rien à réchauffer. C’est la partie indicible de l’aventure.

Je trouve fou comme le langage n’a de mots que pour nous parler de ce que l’on sait déjà, comme les livres ne s’écrivent qu’avec des commencements qui nous sont familiers, comme toutes les histoires de marcheurs commencent pas à pas avec des itinéraires et finissent mot à mot toujours avec la même philosophie prétendant que le but n’est rien et que seul le chemin compte !

Si cela était vrai, alors il suffirait de se lever et d’aller.

Mes périples 2018 sont bientôt terminés, ils entrent dans leur dernière ligne droite : mettre un pied devant l’autre !

Le 15 avril je vais retrouver l’Aar de la marche au départ de Nidau sur les bords du Lac de Bienne pour rejoindre, Koblenz, là où cet art en jette, l’air de Rhin 😉

Puis le 8 mai, de là, je pense rallier Dielsdorf dans le canton de Zürich. J’aimerai rentrer avant l’été par les Crêtes du Jura. Aller jusqu’à Genève voir le jet d’eau (je n’ai jamais vu le jet d’eau!) puis s’il est possible de rêver encore un peu j’irai jusque chez moi dans la Plaine du Rhône (en passant par la France?)

Je n’oublie pas les marcheurs des vadrouilles qui pourront me rejoindre en chemin, ni même Laly et les randonneurs du dimanche avec deux dates prises sur mes retours sédentaires:

En juin, ou en septembre j’aimerai retourner voir le coucher de soleil au Napf…

Pour me rejoindre en chemin, contactez-moi. Je sais à peu près où je serai et à quelles dates … mais à peu près. Un petit échange de mail vaut mieux que mille agendas mal tenus 😉 

Deux façons de faire : vous avez une étape qui vous tape dans l’oeil et je vous avertis quand j’y serai ou vous avez des dates à disposition et je vous tiens au courant de mon avancée.

Toujours est-il que j’essaie quand même de tenir cette chose à jour : Le calendrier

Et si tu as lu tout ça, tout ça ! Il est temps de vider les placcards et de faire ton sac 😛 

En route !