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Hexabilan semaine 4

Période : du 28 mai au 3 juin 2026

Montbéliard –  Belfort – Ballon d’Alsace – Thann

La semaine en chiffres

  • Distance : 92,6 km
  • D+ : 2336 m
  • D- : 2366 m
  • Jour de pause : 2 (Belfort et Thann)

Carte de la semaine

Départ : Montbéliard
Arrivée : Thann

Depuis le départ

  • Messery – Thann
  • Distance totale : 362,8 km
  • D+ total : 10 021 m
  • D- total : 9 962 m

Le plus difficile : traverser Belfort sous le soleil

Ce qui a bien fonctionné : les bivouacs, la météo, les points d’eau

Ce qui a moins bien fonctionné : l’apparition de blessures et de tensions

Changements à apporter : attitude générale plus mode voyage / détente découverte et de nouvelles chaussures

Souvenir marquant : l’apparition de Michael !

Image  marquante : les champs de digitales pourpres


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Voyager à pied

J’ai pris deux nuits à Thann. Je dois retrouver des chaussures et refaire mes provisions.

J’ai presque envie d’en prendre une troisième, mais je me sens coupable de ne pas avoir de bonne raison de le faire.

Hier, j’étais sur le point d’abandonner. Avec les cloques aux pieds, mon sac déglingué, mes habits mouillés et cette incapacité, une heure après mon arrivée, à trouver le gîte d’étape.

Je me suis affalée sur un banc public, j’ai sorti mon téléphone et tapé dans Google : « hôtel Thann ». C’est presque une capitulation, parce que des nuits à 100 euros au lieu de 20 raccourcissent considérablement la longueur du chemin.

J’en étais rendue au stade où la dépense qui sabote le projet n’avait plus d’importance quand une voix enjouée m’a interpellée.

C’était Michael, une des personnes avec qui j’avais sympathisé un peu plus que les autres à l’Hexateuf. Il était là, souriant, comme si nous nous étions quittés la veille. L’accolade était pleine de bonté et il m’a indiqué où trouver le gîte.

Je suis bien ici. Le refuge est tranquille, peu cher, et je passe du temps avec des gens qui pourraient être des amis et qui, contrairement à beaucoup d’autres, ne sont pas pressés d’avancer coûte que coûte.

Ça fait du bien.

Ces derniers jours, je me suis rendu compte que je me laissais influencer davantage que je ne le pensais par le contexte : l’Hexatrek, les discussions de groupe, les marcheurs croisés, les habitudes du milieu, cette fascination permanente pour les chiffres.

Nous sommes tous influencés par les groupes que nous fréquentons. Le conformisme n’est pas toujours un gros mot, mais il peut nous éloigner de nos propres aspirations.

Petit à petit, je me suis mise à regarder mon voyage à travers des préoccupations qui ne sont pas vraiment les miennes.

De quelle nature est cette envie qui me fait marcher ?

C’est une question à laquelle je vais devoir répondre.

Une tristesse m’a accompagnée ces derniers jours. Au début elle était discrète, mais maintenant elle prend toute la place : la forêt vosgienne se meurt.

Je traverse des paysages fabuleux, mais je vois aussi des sapinières entières qui souffrent, des arbres qui meurent, des versants qui changent. Cette forêt est à la fois luxuriante et à bout de souffle. Tout en offrant ses odeurs de mousse, de pin, de fraise et parfois même de vanille, elle me parle de ses plaies.

Peut-être parce que je marche lentement. Peut-être parce que j’ai le temps de regarder. Peut-être aussi parce que je ne traverse pas seulement des kilomètres : je traverse des lieux.

Et c’est peut-être là que se trouve mon malaise avec l’Hexatrek.

J’aime cette aventure, mais quelque chose me semble parfois étroit. J’ai souvent l’impression d’être sur une grande autoroute de randonnée. Tout le monde suit la même ligne. Les marcheurs passent vite. Les villages voient défiler les sacs à dos. Les discussions tournent presque toujours autour du trek lui-même. On dit si peu de ce que l’on sent, entend ou découvre.

Pourtant, dès que je quitte un peu cette ligne, quelque chose change. Il m’est arrivé de m’égarer, de passer ailleurs. Ce n’est pas seulement l’usure de la sente qui varie. Dans les endroits où les marcheurs sont rares, les rencontres sont différentes. Les gens sont curieux. Les lieux reprennent de l’épaisseur.

Mon histoire n’est peut-être pas d’abord celle d’un itinéraire ou d’une destination, mais celle d’une itinérance.

Je ne fais pas un trek. Je voyage. Certes à pied, mais je voyage.

C’est peut-être cela que j’essaie de toucher du doigt depuis le départ et qui m’échappe sans cesse.

Cela vaut aussi pour l’argent.

Mes ressources ne sont pas là pour atteindre un but, mais pour nourrir le voyage à pied le plus longtemps possible. Confort inclu.

Revenir à ce qui m’a toujours poussée à partir : vivre.

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Mardi.04 – Thann

Hexatrek en Nobo

Haute Biers – Thann

20km / 448 D+ / 1228 D-

J’ai bien tenté de réveiller les deux jeunes qui dormaient sous tente pour qu’ils voient les quatre chamois qui étaient dans le pré mais ils dormaient bien et je n’ai pas insisté.

A Belfort je m’étais préparé deux sortes de porridge. Un sucré fort réussi qui m’a toujours fait du bien avec beaucoup de plaisir. Un autre salé, un peu rébarbatif,pas mauvais mais à manger quand on a vraiment bien faim. Je le garde pour le souper.

Ce matin 5h00. Je baigne dans un désordre absolu puisque vin bu rien vu! Quand je suis rentrée dans la cabane hier soir je n’y voyais plus rien, il faisait nuit et j’ai tout laissé en plan et me suis endormie.

Dans l’enthousiasme du matin, je décide, fait rarissime de prendre mon petit déjeuner sur place et me suis préparé mon bon petit porridge sucré.

Enfin c’est ça que je croyais préparer mais non… c ‘était le porridge du soir.

Il a eu du mal à passer!! Ca vous étonne ? Beurk ! Mais fonctionnel !

J’ai droppé du tonnerre de feu jusqu’à midi. Les paysages sont absolument fantastiques. Je suis totalement dépaysée.

Je rêvais d’une tarte aux myrtilles dans une des fermes auberges que je devais croiser.

Bah non, elles sont toutes fermées les lundi et les mardis. Pas de bol. Je grignotte deci delà. Je popote à midi des nouilles de riz que j’avale avec des anchois !

J’ai une grosse cloque au talon droit et j’arrive à Thann tannée!

Quelque chose ne va pas avec mes souliers. A changer au plus vite.

Arrivée sur Thann

Ce soir je dors dans des draps ! C’est merveilleux !

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Cinq heures du mat

Et avant de partir je vous dis : soirée mémorable !

J’ai même bu du bon vin rouge ! Sisi 🙂

D’abord il y a eu la visite de Kévin. Un cycliste tout terrain qui roule comme un bandit mais qui parle mieux que personne de son pays ! Avec lui on s’est lâché à râler contre les Parisiens. Mais des Parisiens il y en avait deux pas loin et qui, pour nous faire mentir nous ont offert le coup de rouge !

Belle soirée à papoter ! Ça change des dodo à 20h. D’ailleurs ce matin je dormirai bien un peu plus…

Euh non on rale plus 😂 go !

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Lundi.04 –  Haute Bers

C’est le nom d’un parmis des centaines de Ballons, entendez par là centaine de montagnes (bien ronde quand même).

Hexatrek en NoBo du 1er juin

11,6 km / 472 D+ / 347 D-

Sous le Ballon d’Alsace
Vue depuis le Ballon d’Alsace

Au pays du Munster (que je n’ai pas encore goûté) je déguste les paysages après qu’il m’est été servi des orages.

En marche forcée hier soir, en nuit cahotique car mal installée avec mon matelas sur un banc, pieds encore mouillés, j’ai filé ce matin vers le Ballon d’Alsace.

Qui dans mon imaginaire était un vin, allez comprendre comment ça fonctionne là haut.

Avant de faire la boucle du sommet et d’entamer une descente coriace j’ai pris deux heures pour tout sécher et pour recharger ma power bank. J’ai trouvé une prise dans un local destiné aux randonneurs à côté d’un parking. L

A vie est bien faite.

J’ai croisé nombre de bancs au soleil qui me faisaient de l’oeil et comme tous les lundis j’ai un précieux rendez-vous en visio, le cadre était tout trouvé. J’avoue, j’en ai testé plus d’un !

J’ai droppé encore quelques km avec une petite douleur au talon droit. Hier c’était la hanche gauche. Mais là je constate que j’ai une cloque ! Ça doit être la deuxième en 12 ans de périple. Je vais devoir revoir mes chausses.

Puis en cherchant de l’eau j’ai trouvé un refuge non gardé magnifique. Il n’était que 16 heures mais j’ai décidé d’y rester jusqu’à demain.

C’est bien trop tôt mais ça me va. Il y a de la place, de l’eau, de la vue… tout me va pour ce soir.

Il me reste 20km jusqu’à Thann et je me suis donné jusqu’à mercredi soir.

J’ai le temps 🙂

Bonne soirée